Des palmarès impossible à revoir

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Des palmarès impossible à revoir
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Des palmarès impossible à revoir

Vendredi 24 août 2012 - 22:07

En voilà une idée. Rayons Lance Armstrong des palmarès et réattribuons ses victoires depuis août 1998. Mais comment trouver un vainqueur légitime derrière Armstrong ? Entre ceux qui ont été convaincus de dopage par la suite ou ceux qui ont été mêlés à l'affaire Puerto, les palmarès revus et corrigés seront-ils plus justes ? Sans compter que les méthodes de l'Agence antidopage américaine (Usada) sont contestables.

Hormis le précédent de 1904, une édition gagnée par Henri Cornet après le déclassement des... quatre premiers pour violation des règlements, aucun coureur n'avait vu sa victoire remise en cause jusqu'à ces dernières années. Avec l'avènement du dopage sanguin massif, généralisé dans les années 1990, le palmarès de la plus grande épreuve du monde a perdu de son authenticité. Depuis 2006, deux coureurs ont gagné le Tour sur tapis vert. L'Américain Floyd Landis a laissé la place à l'Espagnol Oscar Pereiro pour 2006. Contador a dû faire de même au profit du Luxembourgeois Andy Schleck pour 2010.

Le déclassement de Lance Armstrong profiterait pour l'essentiel à des coureurs eux-mêmes sanctionnés ensuite pour dopage. L'exemple du Tour de France 2003 vire à la pantalonnade. Si Armstrong perd son succès de 2003, le titre passe aux mains de l'Allemand Jan Ullrich, puni au printemps dernier par le Tribunal arbitral du sport. Les deux autres coureurs montant sur le podium virtuel de 2003 ne sont autres que le Kazakh Alexandre Vinokourov et l'Américain Tyler Hamilton, convaincus ultérieurement de dopage.

La septième et dernière victoire d'Armstrong en 2005 illustre encore mieux ce jeu de massacre. Ullrich, troisième à Paris cette année-là, a déjà été déclassé. Le podium virtuel se compose par conséquent de l'Italien Ivan Basso, pris dans les affres de l'affaire Puerto l'année suivante, de l'Espagnol Francisco Mancebo, éclaboussé par la même affaire bien qu'il n'ait pas été sanctionné, et de Vinokourov. Par élimination, on arriverait à l'Australien Cadel Evans pour trouver un vainqueur crédible. Le vainqueur du Tour 2011 avait alors terminé à la 8e place.

Qui serait cette fois le principal "bénéficiaire" de l'annulation des résultats d'Armstrong ? Ullrich, le vainqueur du Tour 1997, Deuxième à trois reprises (2000, 2001, 2003), pourrait se retrouver crédité de quatre succès au total. Est-ce que la solution ne serait pas pire que le mal ?

Mais avant d'en arriver à une telle extrémité, il faudra éclaircir les questions juridiques qui ne vont pas manquer de surgir. Travis Tygart, le patron de l'Usada, a sans doute dégainé trop vite en affirmant que le Texan allait être déchu de tout son palmarès. En théorie, le rayon d'action de l'Usada reste limité aux Etats-Unis. De plus, elle outrepasse ses pouvoirs. Le rôle d'une agence antidopage est de déterminer si un athlète est dopé ou pas. Les sanctions ne sont pas de son ressort. "Le Tour de France est une compétition internationale, placée sous l'autorité de l'UCI, et les éventuelles sanctions qui peuvent découler de la constatation d'un cas de dopage doivent être prises par les instances concernées, à savoir l'UCI et la direction du Tour de France", précise Denis Oswald, directeur du Centre international d'études du sport. L'UCI a dit qu'elle attendrait de voir la décision motivée de l'Usada avant de se prononcer sur les suites à donner à l'affaire.

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