Armstrong, "mauvaise nouvelle pour le cyclisme"

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Armstrong, "mauvaise nouvelle pour le cyclisme"
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Armstrong, "mauvaise nouvelle pour le cyclisme"

Vendredi 24 août 2012 - 15:41

L'affaire Lance Armstrong fait énormément réagir dans le milieu du cyclisme. Entre détracteurs et défenseurs du coureur américain, contre qui l'Usada requiert une radiation à vie et le retrait de ses sept victoires sur le Tour de France, chacun prend partie. Reste à savoir si l'UCI suivra la décision de l'Agence américaine.

Sur RTL, Laurent Jalabert a été l’un des premiers à réagir : "Moi je suis surtout désolé pour le Tour de France, le cyclisme, notre sport, mon sport, celui que j'aime (...). C'est un sport qui en prend plein la figure depuis longtemps et forcément c'est de la tristesse, c'est de la colère aussi, parce qu'on aurait aimé que ça n'arrive pas. Mais bon, on se dit que quelque part la justice existe, ma foi, si Armstrong est suspendu de ses titres, c'est probablement qu'il y a des raisons pour cela (...) Je suis désolé, oui forcément, on peut lui en vouloir quand même, ce n'est pas une bonne nouvelle. Ça va bien sûr défrayer la chronique. Armstrong, c'est quelqu'un qui a toujours été controversé, c'est quelqu'un qui a toujours fait du bien au vélo. Je suis persuadé que c'est un immense champion. Il a rendu ce sport populaire au-delà de l'Europe. Il a eu beaucoup de succès, beaucoup de talent et aussi une façon de pratiquer son sport qui n'a pas plu à tout le monde. Il y avait ceux qui l'adoraient et ceux qui le détestaient parce qu'il était arrogant, parce qu'il aimait gagner en écrasant ses adversaires et du coup je pense que cette nouvelle fera plaisir à certains, moi je suis un peu partagé."

Bernard Thévenet, vainqueur de la Grande Boucle en 1975 et 1977, lui aussi invité à s’exprimer sur les ondes de la radio, lui a emboité le pas : "C'est une très mauvaise nouvelle pour le cyclisme, c'est encore une fois un problème de ces fameuses années fin 90-début 2000. Cela dit, si Armstrong a triché, c'est tout à fait normal qu'il soit sanctionné. C'est un message qui est très fort, on a pensé pendant très longtemps que c'était un personnage avec des avocats très puissants autour de lui (...) C'est sûr que si l'UCI suit l'USADA c'est vraiment un message très fort envers les cyclistes et ceux qui les entourent et qui seraient tentés de tricher. Pour ceux qui n'auraient pas encore compris que la répression est sévère et va être encore plus sévère c'est que vraiment ils ne lisent pas les journaux." Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour et dernier Français à avoir remporté le maillot jaune, en 1985, a été plus sec sur le site de Ouest-France : "Je m'en fous éperdument. C'est son problème pas le mien. C'est un problème qui aurait dû être réglé depuis dix ou quinze ans et qui ne l'a pas été."

L'ex-champion cycliste allemand Jan Ullrich, qui pourrait récupérer trois des sept titres amenés à être retirés officiellement à l’Américain, refuse de spéculer : "Je ne pense pas à ce titre, je ne suis pas de trop près la procédure. Je suis fier de mes deuxièmes places, a déclaré le lauréat allemand du Tour de France 1997. Si le cas se produit éventuellement, j'en parlerai alors. Jusque-là, il ne s'agit que de spéculation."

Bruyneel : "Ce procès a été injuste"


Mais Lance Armstrong n’a pas que des détracteurs. Johann Bruyneel, son ancien directeur sportif, a pris sa défense : "Aujourd'hui, je suis déçu pour Lance et pour le cyclisme en général, que les choses aient atteint un tel point que Lance en ait assez et ne souhaite plus participer à la campagne de l'Usada contre lui. Lance n'a jamais abandonné un combat juste dans sa vie, donc sa décision montre à quel point ce procès a été injuste."

John Fahey, le président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), a lui regretté sur les ondes de la radio australienne ABC que le coureur américain ne puisse s'expliquer publiquement devant un tribunal : "J'aurais aimé que les accusations, les insinuations, les rumeurs qui courent depuis des années soient examinées par un tribunal en audience publique dans le cadre d'une procédure juste, quelle qu'en soit l'issue, pour que le monde entier connaisse les faits." En revanche, alors qu’Armstrong a annoncé qu'il abandonnait son combat contre l'Usada, Fahey considère que cette décision ressemble fort à un aveu de culpabilité : "Il ne peut y avoir d'autre interprétation."

Si pour l’instant, la demande de radiation de Lance Armstrong n’engage que l’Usada, tout le monde attend évidemment de savoir si l’Union cycliste internationale suivra la décision de l’agence américaine, et la validera sur le plan international. L’UCI attend dans un premier temps de recevoir la décision motivée de l'Usada avant de décider des suites à donner à l'affaire. "L'UCI a pris note de la décision de Lance Armstrong de ne pas recourir à un arbitrage dans le cas que l'Usada a lancé contre lui", souligne la Fédération internationale dans un communiqué. "En attendant que l'Usada rende sa décision, l'UCI n'a pas de commentaire à faire", conclut le communiqué. Selon les textes, l'Agence américaine n'a compétence que sur le territoire américain. Et la décision de priver Armstrong de son palmarès dans les grandes courses cyclistes appartient théoriquement à l'UCI. Début août, celle-ci avait dénoncé le mépris de l'Usada pour les règles et demandé que la gestion du cas Armstrong soit confiée à une autorité indépendante.

De son côté, la ministre des Sports Valérie Fourneyron a salué le "travail de l'agence américaine antidopage qui va conduire aux sanctions à l'encontre du cycliste américain Lance Armstrong". "Cette décision emblématique souligne l'importance du travail international de lutte contre le dopage", poursuit le communiqué publié par le ministère, qui "souhaite conforter cette lutte en soutenant l'action de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), autorité publique indépendante, en étroite collaboration avec l'Agence mondiale antidopage (AMA)". "Cette étape importante souligne cependant la nécessité de réduire les délais de procédure pour préserver l'esprit même de la compétition sportive", précise le ministère, évoquant les longues instructions de l'affaire Armstrong et notamment le retrait annoncé de ses sept victoires d'affilée sur le Tour de France de 1999 à 2005.

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