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Q: Alberto Contador a été contrôlé positif en juillet 2010, l'issue de l'affaire est attendue en janvier 2012. Est-ce une durée de procédure acceptable ?
R: "Malheureusement, il n'y a pas de règle dans ce domaine. Chaque affaire varie en fonction de la complexité du dossier, des demandes formulées par les avocats... Je dirais que c'est un délai beaucoup trop long, mais dans le cas d'espèce, je pense que c'était difficile de faire beaucoup plus court pour que les éléments qui devaient être mis sur la table puissent l'être de façon sereine".
Q: Il y a donc des cas qui demandent plus de réflexion ?
R: "Il y a des cas où clairement, la tactique employée est de compliquer l'affaire, ou parfois qui demandent des investigations supplémentaires. Dans certains cas, cela peut se justifier, mais dans d'autres, ce sont des tactiques dilatoires pures et simples".
Q: Plusieurs déplorent ce décalage entre le temps sportif et le temps juridique. Que peut-on faire ?
R: "Ce sera toujours un problème. Par la justice sportive, on tente de réduire au maximum ce décalage et le Tribunal arbitral du sport (TAS) parvient assez souvent à des délais raisonnables. C'est pour cela que dans l'intérêt du sport, il est très important de maintenir le système d'arbitrage tel qu'il est aujourd'hui. Parce que c'est le seul système, même s'il n'est pas parfait, qui permet d'arriver à avoir une décision dans des délais à peu près acceptables dans la majorité des affaires".
Q: Mais parfois les procédures prennent deux ans et excèdent au final la durée de suspension...
R: "Le code prévoit normalement que la sanction démarre au moment où la décision est prise, à moins qu'il y ait eu une suspension provisoire, qui est prise en compte. Ce n'est pas parce que la décision est rendue deux ans plus tard que l'athlète ne va pas subir une sanction. Par contre pour l'esprit sportif, pour la certitude des résultats, pour savoir l'ordre du podium, cela pose problème. Mais les athlètes qui veulent que leur cas soit réglé de manière rapide, cela peut se faire en quelques semaines. On a eu un bon exemple avec les nageurs brésiliens (dont le champion olympique du 50 m Cesar Cielo, NDLR). Tout le monde était d'accord pour une procédure accélérée. Quand les choses traînent, c'est quand même la plupart du temps parce qu'il y a une des parties qui n'a pas envie que cela aille vite".
Propos recueillis par Stéphanie PERTUISET
L'audience du Tribunal arbitral du sport (TAS) consacrée au cas du cycliste espagnol Alberto Contador a débuté ce mardi. Le clenbutérol est à l'honneur. Ce produit, retrouvé dans les urines du coureur lors de sa victoire sur le Tour de France 2010, a-t-il pu être transmis par une viande ? Si Contador, blanchi en première instance par sa fédération, devait sortir vainqueur de cette affaire, cette décision mettrait un terme au principe de la suspension d'office et c'est le procès de la chaîne alimentaire bovine qui pourrait s'ouvrir !
Alberto Contador, un pongiste allemand, cinq joueurs de football mexicains ainsi qu'une centaine d'internationaux juniors ont été récemment contrôlés positifs au clenbutérol, mais le coureur espagnol est le seul du lot à être poursuivi par l'Agence mondiale antidopage (AMA). Ce médicament, utilisé normalement pour soigner les animaux, s'est retrouvé de façon récurrente dans l'actualité sportive ces derniers mois.
Avant les malheurs d'Alberto Contador post-Tour de France 2010, Dimitrij Ovtcharov, multiple champion d'Europe par équipe de tennis de table, avait été accusé de dopage à cet anabolisant à la suite d'un contrôle hors compétition. Comme la star du cyclisme espagnol, le pongiste allemand avait plaidé une contamination alimentaire, contractée lors d'un voyage en Chine, et s'en était sorti sans le moindre blâme de sa fédération.
Au printemps, cinq joueurs de l'équipe de football mexicaine ont été privés de la Gold Cup pour les mêmes raisons, avant d'être blanchis. Puis, pendant le Mondial des moins de 17 ans cet été au Mexique, la Fédération internationale de football (Fifa) a eu la surprise de voir que 109 joueurs sur les 208 engagés présentaient des traces de cet anabolisant.
Vu le nombre, la Fifa a compris qu'il ne s'agissait "pas de cas de dopage, mais d'un problème de santé publique" et pointé du doigt les méthodes d'éleveurs peu scrupuleux qui engraissent leur bétail à fortes doses de clenbutérol dans ce pays.
L'Agence mondiale antidopage a renoncé à demander des sanctions pour tous ces cas, sauf pour un: Alberto Contador. Pas convaincue de son innocence, elle a fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), tout comme l'Union cycliste internationale (UCI).



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