L'erreur d'étiquetage du laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry lors du contrôle positif de Floyd Landis laisse planer un doute. Cette bourde ouvre une brèche inespérée aux défenseurs de l'Américain.
Sale semaine pour le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry. D'abord, on apprenait que le laboratoire avait été victime d'un piratage informatique. Un acte de malveillance attribué, pour l'instant, à l'entourage de Floyd Landis. L'Américain, vainqueur du dernier Tour de France, se défend bec et ongle contre l'annonce de son contrôle positif à la testostérone. Il accuse le LNDD de s'être trompé. Le Monde va dans le même sens. Le quotidien du soir révèle qu'une erreur d'ordre administratif a bien été commise par le laboratoire. Une erreur d'étiquetage (le numéro d'identification de Floyd Landis était le 995.474, alors que sur le PV a été inscrit 994.474.) qui ouvre une brèche à l'Américain. Si l'erreur ne remet pas en cause la valeur de l'analyse, ni ne permet d'affirmer que l'échantillon B, déclaré positif, n'est pas celui de Landis, elle introduit le doute dans ce dossier à rebondissement.
Le directeur de l'Agence mondiale antidopage (AMA), Dick Pound, a exprimé sa confiance envers le laboratoire français de Châtenay-Malabry. "Absolument", a répondu M. Pound à un journaliste lui demandant s'il faisait toujours confiance au laboratoire français. Interrogé sur le fait de savoir si l'erreur du laboratoire pourrait permettre à Floyd Landis de faire arrêter la procédure contre lui, M. Pound a répondu : "Non, pas du tout. J'ai toute confiance dans la procédure qui va donner à M. Landis la pleine opportunité de présenter son cas et permettre au laboratoire de donner sa position. Il y aura des arbitres qui vont décider selon les faits et pas selon ce qu'on lit dans les journaux", a-t-il dit.
M. Pound a fait valoir que le code mondial antidopage "envisage la possibilité d'erreurs mineures qui n'affectent pas la validité de l'analyse". "C'est une situation inhabituelle dans laquelle il est possible qu'une part de l'information ait été obtenue par des moyens illégaux", a-t-il ajouté à propos du piratage informatique, en jugeant qu'il faudrait attendre le résultat de l'enquête.
Par ailleurs, Dick Pound a évoqué l'idée de supprimer l'analyse des échantillons B et de faire passer de deux à quatre ans la période de suspension automatique des sportifs contrôlés positifs. "Il y a un courant de pensée parmi les gens qui travaillent avec nous qui pensent que (l'échantillon) A serait suffisant. D'autres pensent que le B est une sécurité", a expliqué Pound.
Deux révolutions qui prendront du temps. La première ne pourrait pas être adoptée avant la Conférence mondiale sur le dopage à Madrid en novembre 2007. La seconde devra être approuvée par le comité de révision du code, sachant que cette proposition pourrait se heurter aux lois nationales et aux droits de l'homme.





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