L'icône Armstrong se fissure

Cyclisme / Dopage

L'icône Armstrong se fissure

L'icône Armstrong se fissure

Mercredi 19 janvier 2011 - 16:46

Lance Armstrong a perdu de son aura aux Etats-Unis. Le septuple vainqueur du Tour de France n'est plus le cycliste qui a vaincu le cancer. Sports Illustrated publie une enquête à charge contre lui.

Lance Armstrong avait déjà ses détracteurs. En France notamment. Mais cette fois-ci, c'est autre chose. C'est l'hebdomadaire sportif américain Sports Illustrated, une institution aux Etats-Unis, qui attaque une icône de l'Amérique qui gagne. Sports Illustrated dévoile les premiers éléments de l'enquête sur les accusations de dopage qui poursuivent Armstrong depuis des années.

Sur son site SI.com, Armstrong est notamment accusé d'avoir été "l'instigateur" d'un dopage organisé au sein de l'équipe Motorola dans les années 1990. "Il était l'instigateur, il nous a incités à prendre de l'EPO", déclare le Néo-Zélandais Stephen Swart, son équipier chez Motorola en 1995, cité par SI.com. Swart avait déjà porté ces accusations dans le livre "L.A. Confidentiel - Les secrets de Lance Armstrong", sorti en 2004. Rien de nouveau donc.

Mais Sports Illustrated va plus loin. Deux reporters de l'hebdomadaire enquêtent depuis plusieurs mois auprès d'anciens coéquipiers d'Armstrong et ont épluché des centaines de pages de rapports. Le magazine met ainsi en cause la crédibilité du laboratoire antidopage de l'Université de Californie (UCLA), dirigé par Don Catlin, qui, selon l'hebdomadaire, a testé dans les années 1990 des échantillons censés appartenir à Armstrong et aurait bizarrement laissé passer certaines anomalies. Selon le journal, trois échantillons auraient été considérés comme ayant un rapport testostérone/épitestostérone supérieur au plafond autorisé, entre 1993 et 1996, lors du premier acte de la carrière d'Armstrong avant le cancer de l'Américain.

Le coureur, qui a été testé par ce laboratoire environ 25 fois entre 1993 et 2000, a affirmé n'avoir pas pris de produits interdits et n'avoir pas été informé de ces résultats, précise l'hebdomadaire.

Les journalistes de SI s'appuient également sur un témoignage de Floyd Landis à propos d'un contrôle douanier de l'aéroport de Saint-Moritz (Suisse), lors d'un vol privé en 2003. Des seringues et des produits dopants auraient été découverts dans les bagages d'Armstrong, sans que celui-ci soit inquiété au motif qu'il s'agissait de "vitamines". Accusation là encore réfutée par le coureur.

Le journal américain avance aussi qu'Armstrong aurait obtenu accès, dans les années 1990, à l'HemAssist, un médicament développé par le laboratoire Baxter et utilisé pour les malades ayant perdu beaucoup de sang. Ce produit permettrait une meilleure oxygénation du sang, sans présenter les mêmes risques que l'EPO. L'Américain, par l'intermédiaire de son avocat, a nié avoir pris de l'HemAssist.

Enfin, SI fait référence à des documents découverts lors d'une perquisition au domicile du coureur ukrainien Yaroslav Popovych, l'un des fidèles coéquipiers d'Armstrong. Ces textes et e-mails prouveraient l'existence d'un lien en 2009 entre l'équipe de l'Américain et le controversé préparateur italien Michele Ferrari. Le Texan a affirmé avoir coupé les ponts avec lui en 2004.

Interrogé sur ces nouvelles accusations en Australie où il dispute le Tour Down Under, sa dernière épreuve internationale à l'âge de 39 ans, Lance Armstrong a lâché : "Je n'ai rien à déclarer. Je suis au courant, il n'y a rien de plus. Je n'ai absolument aucune inquiétude à avoir." Pourtant, le champion américain est sous le coup d'une enquête fédérale lancée après les accusations de dopage portées à son encontre par son ex-équipier Floyd Landis, lui-même déchu du Tour de France 2006 après un contrôle positif à la testostérone.

Or, depuis le mois d'août dernier, un grand jury étudie à Los Angeles les charges contre Armstrong. Si le grand jury fédéral décide que les preuves et témoignages rassemblés sont suffisantes pour démontrer qu'Armstrong ou d'autres se sont dopés, ces derniers pourraient notamment être poursuivis pour fraude à une entreprise publique. En l'occurrence, l'US Postal qui a parrainé l'équipe d'Armstrong de 1996 à 2004.

Réagissez à cet article

Buzz sport

Transferts Foot

Fil infos sport

Vos articles préférés

Chiffre du jour

Phrase du jour