L'affaire Jeannie Longo pour les nuls
Vendredi 9 septembre 2011 - 20:48
Quelques clés pour comprendre l'extravagante affaire Jeannie Longo, qui encourt une suspension pour infraction à la réglementation antidopage sans avoir subi le moindre contrôle positif.
Pour comprendre l'affaire Jeannie Longo il convient d'abord de comprendre le principe de la localisation qui prévaut désormais en matière de lutte antidopage. En vertu de ce principe, les sportifs doivent déclarer où il se trouvent chaque jour, de 6 heures à 23 heures, à l'Agence française de lutte antidopage afin que celle ci puisse diligenter quand bon lui semble un contrôle inopiné.
A 52 ans, la mamie du cyclisme français, qui a été à de très nombreuses reprises au cours de sa carrière, estime qu'elle a passé l'âge de tenir informé quelque instance que ce soit de ses moindres mouvements. A trois reprises au cours des 18 derniers mois, elle s'est donc mise en infraction avec cette obligation.
La Fédération française de cyclisme, saisie par l'AFLD, est contrainte de convoquer la légende vivante de la petite reine, qui truste les podiums mondiaux depuis 1979 (sic)... pour lui signifier une probable suspension !
La situation est ubuesque lorsque l'on connaît la Grenobloise, qui a toujours été très libre... et proche de la nature. Ce dernier point a son importance. Car Jeannie Longo s'est souvent écarté du protocole, fuyant les hôtels réservés pour les coureurs de l'équipe de France, leur préférant des gîtes plus pittoresques. Elle est comme ça, Jeannie Longo. Elle vit au jour le jour, sans planifier son emploi du temps dans les moindres détails...
Les dirigeants de la fédération, qui connaissent parfaitement le profil atypique de la championne, sont embarrassés par cette affaire. Contrôlée chaque saison depuis plus de 30 ans, si Longo devait avoir connu des problèmes de dopage, cela se saurait depuis longtemps !
Le responsable des équipes de France, Laurent Jalabert, a d'ailleurs volé au secours de la championne. Il affirme non seulement que Longo n'est pas dopé, mais qu'elle n'a pas davantage triché avec le règlement. "Jaja" plaide pour un couac de communication entre la quinquagénaire et l'AFLD, rien de plus...
Affaire à suivre !
