Mais que faire ? Lance Armstrong (US Postal) remporte sa troisième victoire d'affilée, la 5e depuis le départ. Au sprint, il prive Andreas Kloden (T-Mobile) de la victoire au Grand Bornand en le sautant sur la ligne d'arrivée après 204,5 km de course.
Ceux qui arrivaient, encore, à maintenir la tête hors de l'eau, ont bu la tasse après cette 17e étape entre le Bourg-d'Oisans et le Grand Bornand (204,5 km), dernière étape de montagne du Tour de France 2004 que Lance Armstrong va remporter avec une facilité déconcertante.
Dans les Alpes, le coureur américain a écrasé le Tour. Trois étapes, trois victoires. Après Ivan Basso (CSC) mardi, Jan Ullrich (T-Mobile) mercredi, il met en difficulté Andrea Kloden (T-Mobile) ce jeudi. Dans un ultime effort, le Texan saute le champion d'Allemagne sur la ligne d'arrivée. Ce dernier s'était détaché sous la flamme rouge. A 300 mètres de l'arrivée, il pensait, comme nous tous, avoir gagné la course, mais Armstrong ne fait plus de cadeau. Le quintuple vainqueur de la Grande Boucle lui revient dessus comme une fusée pour remporter sa quatrième victoire d'étape personnelle depuis le départ de Lièges (Belgique), la cinquième en tout puisque avec ses coéquipiers, ils ont également enlevé le contre-la-montre par équipes... En 1999, 2001 et 2002, il s'était adjugé quatre succès d'étape dans le Tour. Mais il n'avait encore jamais gagné la même année quatre étapes de montagne.
"Ma condition est au zénith, a déclaré Armstrong. L'équipe est très forte, elle a tout contrôlé. Je n'ai jamais eu de problème." On le croit sur paroles. Là où Ullrich grimace de douleur pour suivre le rythme imposé par l'équipe US Postal, Armstrong ne connaît aucun relâchement. On aime ou on n'aime pas. Le doute subsiste sur les conditions dans lesquelles il remporte ses victoires, mais il faut reconnaître que son mental de gagneur et son professionnalisme sont irréprochables.
Dans cette étape qui a franchi cinq cols, dont La Madeleine, l'Allemand Jan Ullrich a pris la troisième place, à 1 seconde d'Armstrong, devant l'Italien Ivan Basso et l'Américain Floyd Landis (US Postal). L'Italien Gilberto Simoni (Saeco) et les Français Richard Virenque (Quick-Step Davitamon) et Christophe Moreau (Crédit Agricole), ont été rejoints et dépassés dans l'ascension de la Croix-Fry, la dernière difficulté de la journée. Simoni, parti à l'avant dès le premier kilomètre à la sortie de Bourg-d'Oisans avec quatre autres coureurs (Bartoli, Simeoni, Martin, Aldag), est passé en tête au sommet de la Madeleine, le "toit" du Tour (2.000 m d'altitude). Il décroche la prime de 5.000 euros pour le Prix Henri Desgranges. Virenque, pour sa part, s'est assuré mathématiquement une septième victoire (un record) dans le classement de la montagne. L'an passé, lors de sa sixième victoire, Virenque avait égalé la performance de l'Espagnol Federico Bahamontes (entre 1954 et 1964) et le Belge Lucien Van Impe (entre 1971 et 1983). Le Varois s'est imposé pour la première fois en 1994. Il a ramené le maillot à pois les trois années suivantes et a de nouveau gagné en 1999 et 2003.
Au général, Lance Armstrong compte 4'09" d'avance sur Basso. 5'11" sur Klöden et 8'08" sur Ullrich.







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