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Jeannie Longo incarne paradoxalement la championne écolo du cyclisme, très tournée vers la nature et le bio. Depuis ses débuts en 1979, la Grenobloise a souvent lutté pour imposer ses choix, souvent en marge du formatage des délégations officielles. Quitte à déranger souvent et marquer son caractère direct, franc, parfois ombrageux, allant même jusqu'au conflit avec sa fédération durant les années 1990.
La championne la plus titrée du cyclisme féminin, très attachée à sa liberté, a ses habitudes. Elle aime s'entraîner en altitude, en France ou aux Etats-Unis, et apprécie de loger hors des circuits habituels, suivant ses impulsions. Ce qui peut à l'occasion contrevenir aux règles strictes de la localisation, vis-à-vis desquelles elle est considérée comme fautive. Aux Championnats de France sur piste 2009 qui avaient lieu en Guadeloupe, elle avait préféré un gîte "plein de moustiques" au confort du complexe hôtelier dans lequel résidaient la plupart des athlètes.
De longues années durant, elle a séjourné avec son entraîneur et mari Patrice Ciprelli hors de l'hôtel de l'équipe de France lors des Championnats du monde. Sensible aux détails, la championne a toujours apporté une extrême attention aux risques d'allergie provoqués par les revêtements de sols, à la qualité de l'air et au naturel de l'alimentation.
Au crépuscule d'une carrière à la durée phénoménale, qui parcourt plus de trois décennies, Jeannie Longo incarne l'opposé des étoiles filantes qui ont pu traverser le cyclisme, des hommes ou femmes survitaminé(e)s vite rattrapé(e)s par les filets de l'antidopage. Par sa constance, sa popularité auprès du public et la valeur d'exemple qu'elle représente, elle a même été honorée au printemps dernier de la Légion d'honneur.
Ses titres, ses médailles, se comptent par dizaines depuis que la Grenobloise, ancienne skieuse de bon niveau, s'est consacrée à la compétition cycliste. Longtemps malchanceuse aux jeux Olympiques, elle a fini par décrocher l'or à Atlanta en 1996.
Aux Championnats du monde, elle a brillé tant sur la piste que sur la route. Au total, treize titres mondiaux figurent à son palmarès, le dernier conquis en 2001.
Mais, ce symbole de longévité sportive est restée au plus haut niveau. Il s'en est fallu de moins de deux secondes qu'elle décroche une médaille dans le contre-la-montre des JO de Pékin en 2008 alors qu'elle était à quelques semaines de son cinquantième anniversaire.
Depuis le début de l'olympiade, l'inoxydable Jeannie est restée au sommet. Championne de France en titre, elle a obtenu sa sélection pour les prochains Mondiaux à Copenhague. Une participation désormais remise en cause par une éventuelle sanction pour celle qui est, selon un récent sondage, la sportive préférée des Français.
La Française Jeannie Longo, au soir de sa carrière, est rattrapée par les exigences modernes de la localisation antidopage auxquelles aurait failli cette championne cycliste à la longévité légendaire (52 ans).
Présente au plus haut niveau depuis 1979, la sportive préférée des Français selon un récent sondage devra s'expliquer devant la Fédération française de cyclisme (FFC).
L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) lui reproche trois manquements en dix-huit mois aux règles de localisation qui imposent aux sportifs d'indiquer où ils se trouvent quotidiennement de 6 heures à 23 heures, avec un créneau préférentiel d'une heure par jour.
Si David Lappartient, président de la FFC, a été alerté, la fédération n'a pas encore reçu le dossier qui doit être instruit par sa commission de discipline. A charge pour elle d'entendre Longo et de prononcer ou pas une éventuelle sanction.
"De deux choses l'une, ou les non-localisations peuvent pour certaines être expliquées par un cas de force majeure, et ce sera à Jeannie Longo de s'expliquer, ou bien la commission juge que les arguments ne sont pas suffisamment valables et là il y a sanction, qui peut aller de trois mois à deux ans", a expliqué M. Lappartient.
Jeannie Longo, dans un communiqué transmis par son avocat à l'AFP, a réagi brièvement. En déclarant avoir été informée par la presse, suite aux révélations du journal l'Equipe, elle s'est étonnée d'être "considérée comme faisant toujours partie du groupe-cible d'athlètes de haut niveau astreints à l'obligation de localisation alors qu'en principe cette désignation dont elle a fait l'objet en 2008 est limitée à une durée d'un an".





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