Quarante ans de Championnats du monde, c'est la somme de Gérard Quintyn, le directeur du sprint français, qui espère de nouveaux bonheurs au vélodrome de Pruszkow pour ses derniers Mondiaux sur piste.
"C'est passé très vite", évoque l'entraîneur le plus titré qui découvrit les Mondiaux en 1969 en tant que coureur. "Avec
Daniel Morelon (son alter ego en tant qu'entraîneur jusqu'en 2005), on a quand même participé à l'histoire du sprint, qui était bien ancré en France car il y avait eu de glorieux anciens. On a apporté notre patte et les entraîneurs en place amènent à leur tour quelque chose en plus". "On a vécu une merveilleuse époque de 1993 à 2002-2003, se souvient-il. Le sprint français était le meilleur du monde. On a été rattrapé et même dépassé par un pays (la Grande-Bretagne) mais on n'est pas largué. Pour 2012, je suis optimiste. Nous avons d'excellents coureurs, Sireau, Baugé, d'Almeida. On n'a pas de complexe à faire".
L'accablement ressenti à Pékin par la délégation française
devant l'écrasante supériorité britannique appartiendrait-il au passé ? "Ce n'était pas de l'accablement, corrige Gérard Quintyn. Disons qu'ils ont mis les moyens que l'on peut mettre dans un sport professionnel. Nous n'avons jamais eu des moyens pareils mais nous nous en sommes toujours très bien sortis. A nous de mettre un peu plus, sans aller jusqu'à les égaler, pour revenir".
Le directeur du sprint explique que la piste française s'est dotée de moyens supplémentaires: "Il y a eu des commandes, des vélos ergomètres, que les entraîneurs demandaient en urgence, des changements de méthodes en musculations, etc. Les entraîneurs ne restent pas les deux pieds sur les pédales !"
A Pruszkow,
Gérard Quintyn a revu l'objectif après la blessure de
Chris Hoy, l'homme de base du sprint britannique: "J'avais dit qu'une deuxième place en vitesse par équipes serait normale, une troisième ou une quatrième décevante. Les choses ont légèrement changé, c'est beaucoup plus ouvert. On est parmi les favoris avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne."
Pour autant, le responsable du sprint se méfie: "Est-ce qu'ils (les Britanniques) ne vont pas sortir du chapeau une forme extraordinaire ? A Copenhague, le mois dernier, même Hoy était battable. Il allait se faire battre en keirin au moment de sa chute et il n'avait pas fait le meilleur temps dans la vitesse par équipes. Quant à Kenny, il s'est fait battre à la régulière."
"On va savoir ici s'ils nous dominent, conclut Gérard Quintyn. S'ils ont une science de la préparation pour un événement, pour les Championnats du monde ou les JO..."