Hushovd champion du monde
Dimanche 3 octobre 2010 - 10:45
Le Norvégien Thor Hushovd est devenu champion du monde de cyclisme sur route, dimanche sur le circuit australien de Geelong. Hushovd a réglé au sprint un petit groupe en conclusion d'une course très animée (262,7 km). Le premier Français est Romain Feillu, 10e.
Thor Hushovd s'est montré très à l'aise dans une arrivée jugée en faux-plat montant. Il a devancé nettement le Danois Matti Breschel et l'Australien Allan Davis.
L'Italien Filippo Pozzato a pris la quatrième place devant le Belge Greg Van Avermaet et l'Espagnol Oscar Freire, trois fois titré.
Hushovd, vainqueur de huit étapes du Tour de France dont il a conquis à deux reprises le maillot vert du classement par points, a enlevé pour la première fois le maillot arc-en-ciel dans la plus haute catégorie.
Le Norvégien a su attendre le sprint final dans une course durcie par les équipes d'Italie et de Belgique avec l'omniprésence du vainqueur de l'année passée, l'Australien Cadel Evans, dans les mouvements offensifs, à la grande satisfaction du nombreux public venu sous le soleil.
Mais l'attaque de Philippe Gilbert, dans le dernier tour, n'a pas permis au favori belge de creuser un écart suffisant. Il a été repris à moins de 3 kilomètres de la ligne.
Agé de 32 ans, Hushovd court d'habitude pour l'équipe Cervélo.
L'athlétique "Viking" (1,83 m pour 82 kg) doit rejoindre l'an prochain la formation Garmin qui intègre plusieurs coureurs de Cervélo.
Le premier Français, Romain Feillu, s'est classé dixième.
REACTIONS
Matti Breschel (DEN), 2e: "C'est ma deuxième médaille (bronze en 2008). J'espère que je la changerai en or l'an prochain, à Copenhague. Le parcours ne sera pas aussi difficile qu'ici mais il y a pas mal de petites routes et après 260 kilomètres, ce sera usant. Ici, c'était vraiment dur. J'ai bien essayé dans le sprint, c'était un effort très long, mais Thor (Hushovd) était trop fort."
Allan Davis (AUS), 3e: "J'ai vécu un moment très spécial, j'espère que je le connaîtrai de nouveau. Je ne serais pas monté sur le podium si mes coéquipiers ne m'avaient pas aidé. Cadel (Evans) et moi avons été protégés durant toute la course, nous avons pu jouer notre carte. J'étais très confiant car je savais que j'étais en forme. J'ai eu ce championnat en tête durant toute la saison."
Filippo Pozzato (ITA), 4e: "Nous avons bien couru, nous avons montré un esprit de groupe comme l'enseignait Franco (Ballerini, l'ancien sélectionneur décédé en début d'année) et comme le demandait Paolo (Bettini, le responsable actuel). Dans le dernier tour, j'ai souffert de crampes sur l'attaque de Gilbert. Pour le sprint, j'ai pris la roue de Hushovd et j'y suis allé. J'ai fait un bon effort mais je n'ai pu faire mieux que quatrième. Dommage, parce que l'occasion était belle. C'était une arrivée idéale pour moi."
Greg van Avermaet (BEL), 5e: "Hushovd était dans ma roue pour le sprint, il m'a dépassé si rapidement que j'ai compris tout de suite qu'il allait gagner. Nous, c'était la victoire que nous visions. Donc, une cinquième place ne peut pas être satisfaisante. J'ai tout donné pour Philippe (Gilbert) jusque dans le dernier tour. J'ai fait le rythme pour qu'il puisse attaquer. C'est quand il a été repris que je me suis préparé pour le sprint. J'ai pu me replacer mais je fais seulement 5e."
Romain Feillu (FRA), 10e: "Je suis encore un peu en dessous. J'ai dû m'employer dans le dernier tour. Les sprinteurs comme Cavendish, Farrar et Greipel n'étaient plus là, c'était donc un final pour puncheurs, et dans ce domaine je suis encore un peu juste. J'ai géré mes efforts pour rester dans le groupe. J'ai entamé le sprint dans la roue de Thor Hushovd mais je ne suis pas parvenu à la garder."
Philippe Gilbert (BEL), 18e: "J'ai été trop court. J'ai essayé dans l'avant-dernière montée car, dans la dernière, le vent soufflait trop fort. Pour le sprint, je manquais de forces, j'avais tout donné auparavant. Je veux remercier l'équipe qui a fait un super travail. Au début, on s'est retrouvé dans une situation bizarre avec une échappée qui avait pris 23 minutes. Si nous n'avions pas commencé à rouler, elle aurait pris un tour d'avance. On n'a pas été vraiment aidé par les autres pays. Je suis déçu, bien sûr, mais je vais me fixer sur Paris-Tours et le Tour de Lombardie."
Paolo Bettini (sélectionneur de l'Italie): "Avec un peu de chance, on pouvait monter sur le podium avec Pippo (Pozzato). Une médaille aurait récompensé le groupe. Nous avons voulu une course de ce type. Ce n'était pas facile de faire la décision, on l'a vu avec Gilbert. Bravo à Hushovd, qui a su courir à la perfection sans une vraie équipe pour lui."
