2010
- 13 juil: Le Canard enchaîné accuse Eric Woerth d'avoir, avant de quitter le ministère du Budget, "bradé une parcelle de la forêt de Compiègne avec son hippodrome et son golf à une association amie", la Société des courses de Compiègne, jusqu'alors locataire des lieux. La transaction en mars 2010, d'un montant de 2,5 millions d'euros, "a été conclue de gré à gré sans enchère ni appel d'offres" ajoute le Canard enchaîné.
- 14 juil: Eric Woerth, devenu ministre du Travail, se défend d'avoir "bradé" ce terrain de 57 hectares. "Ca n'a pas été vendu pour une bouchée de pain, ça a été vendu à l'estimation des domaines", déclare-t-il.
Le président de la Société des Courses de Compiègne, Antoine Gilibert, dénonce "une accumulation de contre-vérités" et Philippe Marini, sénateur-maire (UMP) de la ville, estime que la parcelle a été vendue à un prix "assez élevé".
- 31 août: Le Canard enchaîné publie une lettre du 13 août 2003, signée du ministre de l'Agriculture d'alors, Hervé Gaymard, refusant la vente de l'hippodrome de Compiègne à la Société des courses de Compiègne, estimant qu'elle "n'est pas possible" au regard de la loi.
- 16 nov: Le Procureur général près la Cour de Cassation Jean-Louis Nadal saisit la Commission des requêtes de la Cour de Justice de la République (CJR) du cas d'Eric Woerth, qu'il soupçonne de favoritisme et de prise illégale d'intérêts lors de la cession de l'hippodrome de Compiègne.
- 13 déc: "Si j'avais à refaire cette opération, je la referais de la même manière", affirme M. Woerth au Courrier Picard.
- Fin déc: dans le volet non ministériel de l'affaire, le parquet de Compiègne ouvre une information judiciaire contre X à la suite de la plainte de députés PS.
2011
- 4 jan: Eric Woerth assure, dans le Figaro, que "c'est Matignon qui a tranché en mars 2010 lors d'une réunion informelle" sur la cession par l'Etat de l'hippodrome de Compiègne.
Matignon confirme que, "lors de cette réunion, les deux ministères de l'Agriculture (en charge des forêts) et du Budget (administration des domaines) sont tombés d'accord sur la procédure de vente".
- 13 jan: La commission des requêtes de la Cour de justice de la République émet un avis favorable à l'ouverture d'une enquête "du chef de prise illégale d'intérêts".
La Cour de justice de la République (CJR) va enquêter sur Eric Woerth pour "prise illégale d'intérêts" au sujet des conditions de la vente de l'hippodrome de Compiègne, a indiqué jeudi le parquet général près la Cour de cassation.
Le 16 novembre, le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, avait saisi pour avis la commission des requêtes de la CJR sur les conditions dans lesquelles Eric Woerth, alors ministre du Budget, avait "cédé, en mars 2010, une emprise de la forêt domaniale de Compiègne dite +l'Hippodrome du Putois+ à la société des courses de Compiègne".
Jeudi, la commission des requêtes a émis un avis favorable à l'ouverture d'une telle enquête "du chef de prise illégale d'intérêts". Comme le veut la loi, Jean-Louis Nadal a donc annoncé dans les minutes qui suivaient qu'il saisissait la commission d'instruction de la CJR de cette enquête.
M. Nadal avait également saisi la CJR d'un éventuel délit de "favoritisme" mais la commission des requêtes n'a pas retenu ce chef.
Cette instruction pourrait aboutir, dans plusieurs années, au renvoi de M. Woerth devant la formation de jugement de la CJR.
Cet été, Le Canard enchaîné avait accusé Eric Woerth, maire de Chantilly (Oise), d'avoir bradé en mars 2010 pour 2,5 millions d'euros une parcelle de la forêt de Compiègne comportant un golf et un hippodrome, lorsqu'il était ministre du Budget. M. Woerth avait vivement contesté la version de l'hebdomadaire.
Fin août 2010, le journal satirique avait pourtant publié une lettre signée de l'ancien ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard. Dans ce courrier de 2003, ce dernier refusait la vente de l'Hippodrome du Putois, estimant qu'elle n'était "pas possible" du point de vue légal.





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