Rocky au pays des robots

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Rocky au pays des robots
Fiche technique

Date de sortie cinéma : 19 octobre 2011
Réalisé par Shawn Levy
Avec Hugh Jackman, Dakota Goyo, Evangeline Lilly, plus
Produit par Don Murphy, Susan Montford, Shawn Levy
Les producteurs exécutifs sont Jack Rapke, Robert Zemeckis, Steve Starkey, Mary McLaglen, Josh McLaglen
Le scénario est signé John Gatins
d'après une histoire de Dan Gilroy et Jeremy Leven
d'après la nouvelle "Steel" de : Richard Matheson

Durée : 2h07
Distributeur: Walt Disney Company France

Rocky au pays des robots

Jeudi 20 octobre 2011 - 22:35

Imaginez un futur proche où les fans de boxe se sont lassés de voir des humains s'affronter sur le ring, où la soif de violence et de destruction du public dépasse ce que peuvent donner ou encaisser des athlètes faits de chair et de sang. Dans ce monde, la boxe a évolué jusqu'à écarter les hommes du ring pour les remplacer par des robots combattants. Le talent et la grâce des boxeurs professionnels appartiennent au passé. Désormais, les fans veulent voir à l'oeuvre une force surhumaine, des coups mortels et la destruction complète du vaincu. Bienvenue dans l'univers "castagne" de Real Steel, le dernier opus de Disney, avec Hugh Jackman en entraîneur convaincant. Un divertissement familial aussi crédible qu'attachant. Techniquement : Parfait!

L'histoire

Ancien boxeur, Charlie Kenton a perdu toute chance de remporter le championnat depuis que les humains ont été remplacés sur le ring par des robots d'acier de 2,40 m de haut. Désormais,il n'est plus qu'un petit manager de robots bas de gamme rafistolés qui gagne juste assez d'argent pour survivre d'un combat à un autre. Alors que Charlie est dans une situation plus difficile que jamais, Max, son fils de dix ans perdu de vue depuis des années, fait irruption dans sa vie… Même si leur relation est loin d'être simple, père et fils vont tenter de reconstruire et d'entraîner un robot récupéré dans une décharge pour en faire un champion. Dans un milieu où tous les coups sont permis, les enjeux sont nombreux. Contre toute attente, Charlie et Max vont peut-être avoir une chance, une seule, de faire leur grand retour…

Un réalisateur fasciné par l'univers de la boxe

L'idée d'un film avec des adversaires aussi atypiques que des robots a tout de suite passionné le réalisateur Shawn Levy, déjà connu pour ses comédies La nuit au musée et La nuit au musée 2. "Steven Spielberg et Stacey Snider m'ont appelé pour me parler de cet excellent concept, explique le réalisateur. Bien sûr, j'étais très flatté, et en découvrant le scénario, j'ai tout de suite senti la superbe histoire d'un père et de son fils qu'il était possible de raconter à travers le sport. Cela m'a motivé et inspiré. J'ai toujours été impressionné par la boxe et fan des films qui en parlent, comme Raging Bull ou la série des ROCKY. Ce sport apporte une dimension de tragédie parce qu'il met en scène des héros tombés en disgrâce qui se battent pour retrouver leur place. On a envie de les voir gagner. Real Steel est un hommage à ces films que j'ai si souvent regardés avec mes frères." Shawn Levy ajoute : "La boxe passionne aussi parce qu'en terme de score, elle ne fait pas dans la demi-mesure. Il y a un gagnant et un perdant. Cette simplicité, cette évidence renforce l'intérêt que l'on porte aux combats. Avec des boxeurs du niveau de Mohamed Ali ou Sugar Ray Leonard, la boxe offre en plus une intensité et le choc de deux personnalités. Chacune de ces grandes rencontres électrise les foules et cela n'a, d'après moi, aucun équivalent dans d'autres sports."

Spielberg s'implique personnellement

Steven Spielberg s'est personnellement impliqué dans la conception des robots. "Dès le départ, j'ai conseillé à Shawn de ne pas tout faire en images de synthèse même si la technologie le permet, explique Steven Spielberg. Lorsque l'on travaille avec ces outils, il n'y a pratiquement rien sur le plateau face aux acteurs. Ils doivent alors agir et réagir face à du vide. Si par contre le comédien est confronté à une représentation physique réelle de l'objet, de l'événement, des autres personnages, il peut interagir avec, le toucher, le regarder dans les yeux, et son interprétation prend alors toute sa force. C'est l'unique conseil que j'ai donné à Shawn." Le réalisateur d'ET conseille donc à Shawn Levy de construire certains des robots en vrai. "On en a fabriqué quatre à l'échelle, explique le réalisateur. C'était un conseil précieux qui a mis les comédiens en situation de donner encore plus de vérité et d'émotions. Les comédiens jouaient avec de vrais robots." Chaque robot a ses caractéristiques et ses propres couleurs. Ils mesurent entre 2,28 m et 2,56 m et sont anthropomorphes avec deux bras, deux jambes, un torse et une tête (deux pour le robot Twin Cities), mais leur force, leur endurance et leur brutalité surpassent de loin celles des humains. Pour renforcer l'identité des robots, Shawn Levy souhaitait aussi que chacun d'eux ait sa propre signature sonore. Celle-ci est faite de deux composantes : d'une part, le bruit des coups qu'il assène fonction de sa forme, des matériaux dont il est fait, de son volume et de sa masse ; et de l'autre, le son du mécanisme qui l'anime, sorte de "son de veille" chaque fois que l'on met un robot en marche, il bourdonne, grince, ou ronronne comme un moteur ou un ordinateur. Pour ce faire, l'ingénieur du son Craig Henighan a enregistré des bruits dans les endroits les plus incongrus une casse, des zones de tests d'accidents, des sites d'activités métallurgiques puis il les a repassés en arrière, les a accélérés ou a modifié leur hauteur, avant de les mixer ensemble afin de créer un véritable univers sonore. Pour les concepteurs des robots et les cinéastes, la création des robots du film a été un processus difficile mais passionnant. "Bien que ce soit un film de science-fiction, ces robots sont très réalistes, se félicite Shawn Levy. Ils pourraient très bien être construits, peut-être pas tout de suite, mais dans quelques années. Ils sont imposants, mais ils n'ont pas la taille des robots de Transformers et ils ne sont pas indestructibles. Nous leur avons donné des faiblesses et une certaine humanité qui rappellent d'autres robots comme Le Géant de Fer ou WALL-E."

Sugar Ray en coach personnel

Sugar Ray Leonard, l'un des plus grands boxeurs de tous les temps, vainqueur de titres dans cinq catégories de poids, a été le consultant boxe pour le film, et l'entraîneur de Hugh Jackman pour ses scènes sur le ring. "Pour que la boxe de robots soit réaliste et impliquante, on a tout de suite engagé Sugar Ray Leonard. Il a réglé les combats et montré comment faire aux comédiens équipés de combinaisons spéciales pour la capture de mouvements. Il était notre référence. Grâce à lui, le metteur en scène et les cascadeurs savaient exactement comment les coups devaient être portés. Il a apporté de la vraisemblance aux matchs, on n'a pas l'impression de voir seulement des robots maladroits qui se tapent dessus", explique le producteur Don Murphy. "La boxe est un sport difficile et le physique n'est pas forcément ce qui compte le plus, précise l'ancien champion. Si vous réussissez à vous mettre dans la tête de votre adversaire, vous avez déjà un ou deux rounds d'avance. C'est la stabilité mentale qui fait de vous un champion. Pour moi, c'est une forme d'art. Avant tout combat, je me faisais un scénario du match, et neuf fois sur dix, c'est ainsi qu'il se déroulait." Boxeur à ses heures, Hugh Jackman impressionne dans son rôle d'entraîneur et d'ancien boxeur poids lourd tombé dans l'oubli... "Dans ma vie, j'avais déjà fait de la boxe, mais aller tellement plus loin avec un maître me passionnait. Sugar Ray m'a appris comment parer, comment asséner un crochet du droit, pourquoi il faut garder une main libre quand on porte un coup à son adversaire... Mon personnage est celui du coach, ce n'est pas le boxeur. Je possède ces robots, je les contrôle et les soutiens ; je suis l'homme de coin, le conseiller. Sugar Ray m'en a parlé très sérieusement, m'expliquant toute l'importance de ce poste. Même avec des robots, il faut transmettre l'idée que c'est vous qui êtes le roc. Sugar Ray avait l'habitude de travailler avec Angelo Dundee pendant les deux ou trois semaines précédant un combat, précisément parce qu'Angelo savait lui parler pendant le match. Selon lui, il n'y a rien de pire qu'un homme de coin qui ne sait pas parler à son boxeur. Il faut savoir quand relever son combattant, quand se taire, quand lui dire ce qu'il faut. Le lien entre le boxeur et l'homme de coin ne doit jamais être rompu."

Alain Jouve

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