Le Français Khedafi Djelkhir s'est qualifié pour la finale des 57 kg du tournoi de boxe olympique en battant l'Azerbaïdjanais Shahin Imranov. Daouda Sow (60 kg) a fait de même en battant le Cubain Yordenis Ugas. Mais Alexis Vastine (64 kg) s'est vu priver de cette chance lors de son combat contre le Dominicain Felix Diaz, vainqueur (12-10), après un arbitrage plus que contestable.
La boxe n'en finira donc jamais avec les scandales. Alors que la finale olympiques des 64 kg lui tendait les bras, le Français
Alexis Vastine s'est vu voler sa victoire. Pénalisé de deux points à la fin de la 4e reprise alors que les deux adversaires étaient à égalité (10-10) et qu'il avait mené pratiquement tout le combat, il s'incline (10-12) face au Dominicain
Felix Diaz, jamais sanctionné par l'arbitre malgré plusieurs avertissements.
"Sur les premières reprises, il m'accroche, a expliqué Vastine, au micro de Canal +, en pleurs. J'arrive pas à me défaire. L'arbitre, il lui donne trois avertissements mais il ne le sanctionne jamais. Moi deux fois il me sanctionne, et après encore une fois. Soit disant c'était moi qui m'accrochait (...) Du travail pour rien, ça me dégoûte. Je ne voulais pas me contenter de la médaille de bronze. Je voulais aller en finale et gagner."
"C'est la deuxième fois qu'il nous donne un avertissement dans le tournoi cet arbitre philippin, s'est emporté Dominique Nato, directeur technique national. Il nous fait perdre une finale. C'est un +assassinat+. Le premier avertissement est à la limite justifié mais pas le 2e. L'autre (Diaz) avance la tête en avant. Dans le dernier round, on ne lui donne pas un avertissement sauf pour un geste dangereux. En plus, l'arbitre nous vire du coin à la fin du 2e round alors que c'est l'autre qui +gueule+. Sur la fin, il ne faut pas rester à se faire accrocher. S'il n'y a pas de KO, on a du mal à gagner ici. Ils nous piquent une finale olympique. D'habitude, je ne fais pas de contestation, mais là, c'est prémédité".
Vastine, 21 ans, offre tout de même sa 33e médaille à la France, la 15e en bronze et la 1re en boxe.
Auparavant,
Khedafi Djelkhir, 24 ans, s'était qualifié pour la finale des 57 kg après son succès face à l'Azerbaïdjanais Shahin Imranov (abandon à l'appel de la 2e reprise). Au terme du 1er round, le Français menait 5 à 2. Il rencontrera samedi le vice-champion du monde ukrainien
Vasyl Lomachenko, facile vainqueur du turc Yakup Kilic (10-1).
"J'étais médaillé mais je ne voulais pas me contenter du bronze, a indiqué le Français. Le coaching a été parfait. Il fallait trouver le juste milieu. Il m'a fallu un peu de temps pour trouver le tempo. Mais une fois que j'étais dans le rythme, j'ai décroché mes coups (...) J'ai toujours combattu pareil et demain en finale, je ferai la même chose."
Troisième et dernier Français à disputer sa demi-finale,
Daouda Sow (60 kg) s'est lui aussi qualifié pour la finale. Opposé au Cubain Yordenis Ugas, il s'impose 15-8. Sow a tout simplement réussi l'exploit de battre le champion du monde 2005, âgé de 22 ans.
En finale dimanche, Sow, 25 ans, sera opposé au Russe Alexey Tishchenko, vainqueur de l'Arménien Hrachik Javakhyan (10-5). Tishchenko, 24 ans, avait été sacré en 57 kg en 2004 à Athènes.
"C'est incroyable, s'est réjoui Daouda Sow sur Canal +. J'y suis arrivé ! On avait fait un pacte avec Khedafi, on ne voulait laisser personne seul en finale. Mon adversaire russe en finale ? C'est un humain, comme moi. Il mange, il p..., il ch... Comme moi !"