Ali est éternel

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Ali est éternel

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Samedi 14 janvier 2012 - 10:37

Même affaibli par la maladie, Muhammed Ali s'apprête à fêter son 70e anniversaire. Sa légende n'a pas pris une ride.

L'ancien boxeur va célébrer ses 70 ans avec sa famille et ses amis samedi à Louisville, dans le Kentucky, où un dîner de gala est organisé en son honneur par le Centre culturel Muhammed Ali, un musée dédié à sa vie et sa carrière qui lancera à cette occasion une série d'hommages à Ali pendant une semaine sous le titre "Seven Days for Seven Decades" (sept jours pour sept décennies). "C'est un événement important car Ali est une icône mondiale qui a touché la vie de millions de gens", indique Jeanie Kahnke, la porte-parole du Centre. "Il a un contact spécial avec les gens. Même des adultes se mettent à pleurer quand ils le voient".

Ses tirades, souvent vénéneuses, à l'intention de ses adversaires, ses provocations calculées à l'époque de l'explosion de la télévision ainsi que sa conversion à l'islam en 1964 ont fait d'Ali un des poids lourds de l'imaginaire populaire de l'Amérique de la seconde moitié du XXe siècle. Auto-proclamé "the greatest" (le plus grand), Cassius Clay, né le 17 janvier 1942, a remporté 56 victoires en 61 combats, dont 37 avant la limite. Il a été le premier boxeur à remporter trois titres de champion du monde des lourds.

Sa volonté de secouer l'establishement blanc de l'Amérique des années 60, en refusant notamment de partir se battre au Vietnam en 1967, ce qui l'a privé de trois belles années de carrière dans la pleine force de l'âge, a donné du courage à nombre d'Afro-américains à une époque où ceux-ci se battaient politiquement pour leurs droits les plus basiques. Après la boxe, Ali s'est impliqué dans nombre de causes humanitaires en faisant fi des conventions politiques (en Corée du nord, Afghanistan, Cuba, Iraq) et a reçu en 2005 la médaille de la liberté (Medal of Freedom), la plus haute décoration possible pour un citoyen américain. En 1996, malgré les tremblements dus à la maladie de Parkinson, c'est lui qui a allumé la vasque olympique dans une ville, Atlanta, où 30 ans plus tôt il était un citoyen de seconde zone.

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