"Ashita no joe", la BD sport d'Angoulême
Jeudi 27 janvier 2011 - 20:41
Avec ses 200.000 visiteurs en 2010, le Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême reste la troisième manifestation culturelle de France après les festivals de Cannes et d'Avignon. Si le jury de la 38ème édition a choisi de décerner le Grand Prix à l’auteur de Maus, Art Spiegelman, la Lettre de l’économie du sport n’était pas restée insensible à l’unique bande dessinée «sportive» sélectionnée cette année (sur les 86 albums en compétition), dans la catégorie «Patrimoine», «Ashita no joe». Une saga phénomène sur un jeune voyou devenu star de la boxe. Eclairage sur cette formidable BD qui n’a pas été récompensée mais dont le succès planétaire mérite qu’on s’y intéresse.
La Lettre de l'économie du sport n°1008
"Ashita no Joe" raconte l'histoire d'un boxeur, celle de Joe Yabuki, un petit caïd traînant dans les rues de Tokyo. Un ancien boxeur professionnel devenu alcoolique, Danpei Tange, épaté par la force brute de Joe, décide de l'entraîner contre son gré. Il rêve d'en faire le plus grand boxeur de l'histoire. L'expérience sera de courte durée : accumulant bagarres, vols et escroqueries, le jeune garçon écope de 13 mois d'enfermement dans un camp de redressement pour délinquants juvéniles. C'est là, en milieu carcéral, qu'il se passionne pour la boxe et livre ses premiers combats amateurs. La boxe va le sauver. La boxe et son éthique, ses défis.
Gros best-seller de 1970, au Japon, la série «Ashita no Joe» s’invite depuis quelques mois dans l’hexagone. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu d’être sélectionnée lors de la 38ème édition du Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême, dans la catégorie «Patrimoine» (C’est Attilio Micheluzzi qui a finalement été honoré pour «Bab-El-Mandeb»). Une sélection largement méritée car au panthéon des mangas «cultes», «Ashita no Joe» est une véritable référence. Pour de nombreux mangakas contemporains, la saga aux 13 volumes aurait même permis au genre «Manga» d’acquérir toutes ses lettres de noblesse. Réédité de très nombreuses fois dans son pays, «Ashita no Joe» est une des œuvres majeures du patrimoine japonais. Preuve en est, la série a connu deux adaptations télévisées, l'une en 1970, la seconde en 1984. Le manga, quant à lui, remporte au Japon un succès historique avec plus de 16 millions d'exemplaires vendus.
"Ashita no Joe"
De Tetsuya Chiba et Asao Takamori
Editeur Japonais : Kodansha
Editeur Français : Glénat