Une finale, les JO et le bonheur !
Vendredi 16 septembre 2011 - 22:40
Le rêve continue pour l'extraordinaire équipe de France de basket qui a éliminé une Russie invaincue en demi-finale (79-71) de l'Eurobasket et obtenu son billet direct pour les JO de Londres.
La France a réussi un superbe coup double en se qualifiant pour sa première finale européenne et pour les Jeux de Londres avec sa victoire (79-71) sur la Russie vendredi à Kaunas.
Avant de viser un premier titre en finale dimanche (20h00 française) face à l'Espagne, les Bleus sont déjà assurés de remporter la huitième médaille de leur histoire et de faire au moins aussi bien qu'à l'Euro en 1949 où ils avaient décroché la deuxième place avec une formule de championnat.
Cette première finale européenne est à la fois un immense soulagement et une belle récompense pour la génération de Tony Parker qui a longtemps égaré son talent par manque de maîtrise et de maturité avant de réaliser enfin son objectif de la décennie: aller aux jeux Olympiques.
Ils l'ont fêté comme un triomphe au beau milieu du kop français qu'ils ont rejoint au sprint au coup de sifflet final et d'où émergeait la figure charismatique de Yannick Noah, papa aux larmes devant son fils Joakim.
Place ensuite au petit plateau télé, lui aussi pris d'assaut par la bande à Parker et un Séraphin brandissant le vuvuzuela de son père!
La victoire était belle et elle a été décrochée au terme d'un nouveau bras de fer, le dixième déjà. C'était encore fort en face et les Bleus ont dû livrer un combat de titans pour infliger à la Russie sa première défaite du tournoi.
Batum décisif
Accrochés pendant une mi-temps, ils ont petit à petit réussi à mettre à nu la défense adverse pour se détacher autour de la demi-heure de jeu grâce à son joker offensif
Ali Traoré (8 points), qui a réussi une grosse entrée.
Auteur de 19 points,
Nicolas Batum, incroyable de sang-froid pour un joueur de 22 ans, a ensuite pris relais et a été l'homme du match pour les Bleus.
Ses gros shoots à trois points (3 sur 5), ses dunks spectaculaires et ses 7 rebonds ont été déterminants pour assommer la Russie dans le dernier quart-temps avec le concours de Tony Parker, lui aussi décisif (22 points).
C'est une douce revanche sur le passé, dans la droite lignée de celle arrachée la veille face à la Grèce en quarts. Elle peut les inspirer lorsqu'il faudra régler d'autres comptes avec l'Espagne, qui les avait écartés de la course aux médailles à l'Euro-2009 malgré un début de tournoi parfait.
Les Bleus arriveront lancés et le coeur léger après avoir évité le tournoi de qualification olympique en juillet 2012 qui pose un gros problème de calendrier, en particulier pour une équipe de joueurs
NBA comme la France.
Pouvoir déjà réserver leur siège dans l'Eurostar a procuré un bonheur immense aux Bleus, à l'image de Nicolas Batum, qui place une participation olympique
"au dessus d'un titre NBA", ou du sélectionneur
Vincent Collet, qui a qualifié le tournoi olympique (28 juillet-12 août 2012) de "graal".
Frustrations
Mais ce sont surtout les anciens, Tony Parker,
Boris Diaw,
Florent Pietrus qui goûtaient pleinement la fin des misères, après dix années de frustrations.
Alors qu'on lui promettait monts et merveilles après son titre de champion d'Europe juniors en 2000, cette génération n'a rapporté à la France qu'une seule médaille, un bronze au goût amer à l'Euro-2005, décroché face à... l'Espagne.
Pour le reste, elle a raté tous ses grands rendez-vous, perdant deux demi-finales européennes en 2003 et 2005, deux crève-coeurs, et aussi son quart à l'Euro-2007 face à la Russie sur un énième hara-kiri aux lancers francs.
Ces frustrations à répétition lui ont barré la route des deux derniers JO, l'objectif ultime en basket. On commençait à se murmurer que cette génération-là était maudite et qu'elle n'allait jamais y arriver.
Mais ces déceptions l'ont fait mûrir et voilà les Bleus en finale de l'Euro et prêts à grimper sur l'Olympe, douze ans après l'argent de Sydney.
Ce n'est jamais facile de se remettre dedans lorsqu'un objectif majeur vient d'être accompli. Mais on peut faire confiance à des gagneurs-nés comme Parker et Noah pour être motivés à aller chercher quelque chose que la France n'a jusque-là toujours vu que de loin: une médaille d'or.
Et maintenant, l'Espagne
Les tenants du titre espagnols, dont ce sera dimanche la troisième finale européenne de suite, défendront leur couronne dimanche face à la France, qui se retrouve pour la première fois de son histoire à ce stade de la compétition.
En outre, les deux nations ont d'ores et déjà validé directement leur ticket pour les JO-2012 (28 juillet-12 août 2012), sans en passer par le tournoi de qualification en juillet 2012.
Bousculés par la Macédoine, équipe surprise du tournoi, formidable de courage, les Espagnols ont pu compter sur une poussée de fièvre de
Juan Carlos Navarro, auteur d'un troisième quart-temps phénoménal dans lequel il a marqué 19 points.
Sur un nuage, le joueur de Barcelone a terminé avec un total de 35 points, à 13 sur 23 aux tirs, agrémentés de 4 rebonds et d'une passe dans un match où il a volé la vedette à
Pau Gasol, pourtant prolifique (22 points, 17 rebonds).
Avec ses deux fers de lance, l'Espagne, qui jouera sa troisième finale de suite dans un Euro après celle gagnée en 2009 et celle perdue face à la Russie à Madrid en 2007, partira favori dimanche contre la France de Tony Parker et de Nicolas Batum.
La France visera la première médaille d'or de son histoire dimanche (18h00 GMT). Elle est aussi certaine de participer aux jeux Olympiques, après avoir raté ceux d'Athènes en 2004 et de Pékin en 2008.
Elle est aussi assurée de remporter la huitième médaille dans un grand tournoi et de faire au moins aussi bien qu'à l'Euro en 1949 où elle avait décroché la deuxième place avec une formule de championnat.
