Tony Parker au sommet de son art

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Tony Parker au sommet de son art

Tony Parker au sommet de son art

Samedi 3 septembre 2011 - 17:00

Auteur d'un début d'Euro phénoménal en Lituanie, Tony Parker n'a, à 29 ans, jamais été aussi fort dans le jeu international qu'il a appris à apprivoiser au fil des ans.

Samedi, Siauliai était encore sous le choc de la performance réussie la veille par le meneur français (32 points, 6 passes) face à l'Allemagne. Dès la fin du match les compliments avaient afflué de partout. Du sélectionneur Vincent Collet ("stratosphérique") à Dirk Nowitzki ("exceptionnel") en passant bien sûr par ses coéquipiers, que ce soit en zone mixte où Joakim Noah le mettait "au même niveau que Derrick Rose", le MVP de la NBA, ou sur Twitter où Steed Tchicamboud écrivait: "Tony P c'n'importe koi ms vraiment n'importe koi."

Le lendemain, l'euphorie n'était pas retombée, Kevin Séraphin estimant même que c'était "un honneur de jouer avec quelqu'un d'aussi incroyable".

Et ça fait trois matches que ça dure! Avec 31 points contre la Lettonie, 21 contre Israël et 32 face à l'Allemagne, Parker explose toutes ses moyennes dans un Euro dont il est pour l'instant le meilleur marqueur (28 points) tout en étant N.2 à la passe (7), pour seulement 4 balles perdues au total!

En Europe, Dirk Nowitzki et Pau Gasol ont déjà croisé à des telles altitudes. Mais pour trouver trace d'un arrière aussi dominant il faut remonter loin, jusqu'au Grec Nikos Galis dans les années 80!

Parker lui-même a déjà connu l'état de grâce. Mais en NBA, lorsqu'il fut élu meilleur joueur de la finale 2007 lors de son troisième titre avec San Antonio. Il avait ensuite enchaîné sur un Euro où il fut bon (20,1 points et 2,8 passes) mais pas assez pour sauver la France du désastre (8e place, éliminée des JO).

"J'étais arrivé fatigué après le titre avec les Spurs", se rappelle-t-il. Tout le contraire de cette année où Parker a pu profiter de l'élimination de San Antonio au premier tour des play-offs, dès le 29 avril, pour à la fois se reposer pendant deux mois et s'offrir une préparation physique béton.

"Des poumons, grave"



Et ça paye. "Il a des poumons mais c'est grave, le gars il n'est jamais fatigué", constate Noah. "Il a son corps de 18 ans", note Ali Traoré.

"Quand je me sens bien, j'ai l'impression de pouvoir tout faire sur le terrain", dit Parker. Et ce "tout" il le fait encore mieux aujourd'hui qu'il semble avoir trouvé, à son sixième Euro, l'équilibre parfait dans son jeu.

Connu pour ses incursions rageuses vers le panier, Parker est à la base d'abord un gros scoreur et c'est comme ça qu'il s'est imposé en NBA. Confronté à l'engorgement des raquettes en Europe, il s'est doté au fil des ans d'un tir extérieur fiable qui le rend aujourd'hui très difficile à défendre.

Mais en Lituanie, il brille également par sa capacité à mettre en valeur ses coéquipiers comme en témoigne sa moyenne de passes décisives, plus de deux fois supérieure à celles des Euros 2005 et 2007.

"Il réussit parfaitement à mélanger les genres en gardant sa capacité à faire des exploits individuels tout en impliquant davantage ses partenaires, souligne Vincent Collet. Ce double langage va très bien à l'équipe, d'autant que son investissement défensif est très bon. Tout ça me fait très plaisir."

Ce qui fait le plus plaisir à Parker dans tout ça, c'est d'avoir "enfin gagné le respect des arbitres" qui lui accordent plus de fautes provoquées qu'avant. "En 2007 et 2009 encore je me faisais tuer. Cette année, il n'y a pas photo. C'est peut-être à force de voir mon dévouement à l'équipe de France. C'est en tous cas un énorme changement".

Et c'est aussi la marque des plus grands.