Avec Alain Jardel et Pierre Vincent, ce sont deux générations d'entraîneurs, séparés par leur vision du basket mais unis par un profond respect réciproque, qui se mesurent à la tête de Tarbes et Bourges en finale de la Ligue féminine, à partir de dimanche.
Jardel, 64 ans, et Vincent, 47 ans, ce sont deux palmarès analogues: trois titres de champion de France - avec Mirande (1988, 1989 et 1990) pour le premier, avec Bourges (2006, 2008, 2009) pour le second - et un de champion d'Europe avec l'équipe de France, en 2001 pour l'aîné, et en 2009 pour l'actuel sélectionneur.
Mais, si l'un n'a peut-être pas encore atteint le zénith de sa carrière, l'autre est au crépuscule de la sienne. A l'issue de cette finale - la troisième de suite entre ces deux équipes -, et un an seulement après son retour en club, Alain Jardel remisera le tablier, définitivement.
"C'est le choix de la raison, confie-t-il. Je vais avoir 65 ans. Je suis le doyen de tous les entraîneurs qui exercent en France à titre professionnel. Mais l'âge sincèrement c'est un prétexte, parce que ça ne doit pas entrer en compte."
une passion
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"A Tarbes, on ne peut pas lutter financièrement. Donc il faut trouver une autre voie, et c'est forcément la formation, explique-t-il. Je pensais revenir pour me mettre un peu dans cette direction là. Mais ça n'a pas pu véritablement se mettre en place, parce qu'il a fallu aller vers des résultats. Et je le comprends. C'est sans aucune rancoeur que je dis ça."
Et la retraite alors? "Ca me coûte beaucoup parce que ça renvoie au fait de se dire: +Ben ça y est mon gars, t'es dans le troisième âge+. Et moi, j'ai pas envie de me le dire. J'ai 65 ans, mais je m'en fous. Parce que je n'ai jamais fait un métier, j'ai toujours partagé une passion."
Il parle dans les termes les plus élogieux de Bourges, "une institution dans le basket féminin", "un modèle". "Tarbes, c'est beaucoup plus précaire, parce que les structures ne sont pas du tout les mêmes. Ce sont à priori des clubs qui n'ont rien en commun."
En Pierre Vincent, un gars du sud-ouest comme lui, qui a pris en 2008 la sélection nationale que lui-même avait quittée deux ans plus tôt (1997-2006), il décrit un "travailleur" accomplissant une "magnifique carrière", qui s'est vu accorder "un privilège extraordinaire" à pouvoir combiner club et équipe nationale.
le meilleur
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Il dit partager "complètement sa philosophie de la défense, si ce n'est son expression technique", mais différer sur son approche offensive qui "se rapproche beaucoup plus, me semble-t-il, du basket masculin que de l'histoire générale du basket féminin".
Chez l'entraîneur de Bourges, le compliment affleure tout aussi facilement. "Je suis très, très content de le croiser en finale, dit-il. D'abord c'est mérité, parce que pour moi c'est sûrement l'un des, voire le meilleur entraîneur français, toutes disciplines confondues".
"On serait dans d'autres circonstances, je lui souhaiterais le meilleur pour lui, c'est à dire gagner. Malheureusement, je suis quand même son adversaire, donc je lui souhaiterai un peu moins de réussite. Et puis s'il gagne, je le saluerai et je serai content pour lui."
Même si "on ne voit pas le basket tout à fait de la même façon", Pierre Vincent avoue s'être inspiré de son aîné, en particulier pour sa "haute idée du collectif dans le sport". "Il a toujours su tirer le maximum de ses groupes et il fait jouer l'équipe de Tarbes de façon parfaite", lâche-t-il en hommage.





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Vahid Halilhodzic