Le paradoxe grec

Basket / Euroligue

Le paradoxe grec
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Le paradoxe grec

Jeudi 10 mai 2012 - 12:29

Le basket grec a encore réussi à placer deux équipes au Final Four de l'Euroligue, un rendez-vous très élitiste, malgré la crise économique qui ravage son championnat et le pays.

En apparence rien a changé. Trois ans après le Final Four de Berlin, le Panathinaïkos Athènes et l'Olympiakos Le Pirée, les frères ennemis du sport grec, unis par une même détestation l'un de l'autre, sont de nouveau ensemble en demi-finales d'une compétition qui n'appartient qu'aux riches.

Tenant du titre, le "Pana" défiera le CSKA Moscou vendredi à Istanbul avant que l'Olympiakos se mesure au FC Barcelone. Les deux clubs athéniens ne sont pas favoris de leur partie mais peuvent croire en une nouvelle finale européenne.

Ils émanent pourtant d'un championnat, la Ligue HEBA, exsangue, laminé par les coupes budgétaires, avec des droits de télévision en chute libre et un sponsor principal, la société publique de paris OPAP, affaibli.

Quant aux clubs, souvent financés par des mécènes, ils ont pris la crise de plein fouet. Cet automne, trois des plus illustres, l'Aris, Panionios et Maroussi, criblés de dettes, ont été interdits de recrutement par le Tribunal d'arbitrage de la Fédération internationale de basket.

Maroussi, encore en Euroligue il y a deux ans, est au bord de la faillite. Comme la plupart de ses concurrents, le club a vu ses joueurs fuir à l'étranger.

Le salaire moyen a été divisé par deux pour les joueurs grecs, à moins de 40.000 euros par saison. Les joueurs étrangers s'en sortent un peu mieux et touchent en moyenne 100.000 euros par an. S'ils sont payés...

Car selon le syndicat des joueurs, 11 des 13 équipes de première division (13 puisque Panellinios a été rétrogradé en 3e division en début de saison pour raison budgétaires...) accusent plusieurs mois de retard de salaires.

Familles en or


La Ligue, qui a annulé son All-Star Game faute de moyens, a demandé aux joueurs d'accepter de renoncer à 50% de leur dû. Pendant ce temps, la liste des fournisseurs aux abois et des chambres d'hôtel non payées s'allonge.

"La Ligue grecque n'est que le reflet de ce qui se passe en Grèce. Elle part en miettes", a déclaré Costi Zombanakis, propriétaire du club crétois de Réthymnon, au magazine américain Sports Illustrated en avril.

Au milieu de ce marasme, le Panathinaïkos et l'Olympiakos, soutenus par des familles richissimes, s'en sortent mieux. Mais ils perdent des millions tous les ans et leur budget a été considérablement revu à la baisse.

L'Olympiakos, propriété des frères Panagiotis et Georgios Angelopoulos, issus d'une riche famille d'armateurs, a vu son budget tomber sous les 20 millions d'euros et a dû laisser partir plusieurs gros salaires.

"On a connu beaucoup de problèmes à l'intersaison lorsque nos propriétaires ont menacé de partir et qu'on dû réduire notre budget. On a désormais beaucoup de jeunes joueurs", souligne le légendaire entraîneur serbe Dusan Ivkovic, dont l'expérience explique en grande partie pourquoi l'Olympiakos résiste encore.

Son collègue et compatriote du "Pana", Zeljko Obradovic, a bénéficié de plus de moyens (budget estimé à environ 20 millions d'euros) et a pu conserver le noyau dur de son équipe grâce à l'argent de la famille Giannakopoulos, propriétaire du groupe pharmaceutique Vianex.

Mais l'avenir s'annonce incertain. Les frères Angelopoulos menacent de tout plaquer et la fratrie Giannakopoulos cherche également un repreneur. Dernièrement, un grand groupe énergétique russe a manifesté son intérêt.





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