Mathieu Bonnier était lundi "au milieu des icebergs", après avoir entamé vendredi en mer de Baffin sa tentative de franchissement en solitaire sur un canot à rames du passage du Nord-Ouest, qui relie l'Atlantique au Pacifique en passant par les îles du grand nord canadien.
Ce vétérinaire de 52 ans, originaire de St Martin d'Uriage (Isère), est parti du Groënland et avait lundi matin déjà parcouru 150 km, sur les 500 à couvrir en pleine mer avant d'arriver au détroit de Lancaster qui marque l'entrée du passage du Nord-Ouest.
"Je dois lutter actuellement contre des vents contraires, par une température de O°, au milieu des icebergs", a indiqué lundi à l'AFP Mathieu Bonnier, qui communique avec un téléphone Iridium. "Je suis en permanence en combinaison isotherme et souvent sous un duvet".
Le passage du Nord-Ouest, entre le Groenland et la ville de Nome en Alaska, est long de 6.000 km. L'été boréal dure trois mois. Bonnier a prévu de s'arrêter en septembre à mi-chemin, lors du retour des grands froids, de mettre son canot au sec et reprendra son aventure en juillet 2011.
Le passage du Nord-Ouest, entre le Groenland et le détroit de Béring, en partie accessible à une navigation difficile lors de la fonte de la banquise pendant les trois mois de l'été polaire, a déjà été emprunté une trentaine de fois depuis 1906 par des bateaux à moteur ou des voiliers équipés de moteurs. Le premier à le faire fut l'explorateur norvégien Roald Amundsen, qui mit trois années à le franchir.
Mais à ce jour, ce passage n'a jamais été emprunté en solitaire, sur un petit canot - 7 mètres de long, 1,40m de large et 160 kg, fait de matériau composite kevlar/carbone -, à la seule force des bras, et accompagné d'un unique équipier à quatre pattes, son chien Tico, un husky d'Alaska.
La région est mal cartographiée, et des vents anarchiques soufflent dans les chenaux qui serpentent autour des centaines d'îles glacées au large du Canada.