Bruno Cauvy, co-pilote du véhicule n°280 (Toyota) est mort dans un accident, lors de la 10e étape entre Zilla et Sarir. Sur le plan sportif, Masuoka remporte l'étape en autos et Meoni, victime d'un incident mécanique, est pratiquement éliminé en motos.
Communiqué officiel des organisateurs
La famille du Dakar est triste ce soir, endeuillée par la disparition d'un concurrent, l'Héraultais Bruno Cauvy, 48 ans, navigateur de la voiture N°280. Au plan sportif, le groupe des favoris moto a continué d'être décimé. En revanche, la bataille fait toujours rage en auto comme en camion. Chez les deux roues, c'est Meoni qui a connu aujourd'hui la malchance, son moteur le trahissant dans une étape où, ironie, il comptait bien faire la différence en sa faveur, et finalement remportée par Lundmark. Ce soir, troisième derrière Sainct et Després, Meoni compte plus de 37 minutes de retard au classement général. En auto, Masuoka n'a pas baissé les bras et a repris près de 3 minutes à Peterhansel, qui le devance encore de 14 minutes au classement général. Chez les camions, De Rooy fils a préservé de justesse sa première place de la convoitise de Tchaguine. Il s'en est fallu de moins de 2 minutes.
En moto, c'est à une véritable course par élimination que l'on assiste en tête. Après Alfie Cox avant-hier et ''Nani'' Roma hier (tous deux sur chute), c'est Fabrizio Meoni (N°1) qui, aujourd'hui, s'est - peut-être - vu exclu de la lutte pour la victoire dans ce Telefonica-Dakar. Peut-être seulement, car le vainqueur des deux dernières éditions n'est pas, lui, définitivement hors-course. Mais un dysfonctionnement moteur lui a fait perdre 40'58'' sur le vainqueur du jour, PG Lundmark (N°16) et 37'11'' sur le leader, Richard Sainct (N°3).
Au CP1 pourtant (km 132), sa KTM fonctionnant encore normalement, Meoni avait déjà repris 1'57'' au Français, et était virtuellement le nouveau leader : " Cette spéciale était faite sur mesure pour moi. Même sans être un grand pilote, avec cette moto, je devais prendre 15 minutes à Richard. Et puis, à partir du km 240, le moteur n'a plus tourné que sur un seul cylindre... Je suis très déçu. Mais bon, c'est déjà bien d'être arrivé, même si je ne pense plus être dans le coup pour la victoire. " Ce soir, Meoni compte en effet 37'34'' de retard, et a rétrogradé d'un rang, la 2ème position étant occupée par Cyril Després, à 11'03'' de Sainct. Philosophe, l'Italien ajoute toutefois : " Peut-être que dans deux ou trois jours, j'aurai retrouvé le sourire ? " Même si, le connaissant, on sait qu'il ne souhaite aucun malheur à ses rivaux, il est certain que, avec encore huit jours et 3850 km de course au programme (dont 2700 de spéciales), tout peut encore se produire...
Loin des préoccupations liées à une hypothétique victoire absolue, PG Lundmark est un homme heureux. ''Le Viking'', grand animateur d'un Dakar 2001 qu'il avait fini ''cassé de partout'', s'était montré discret l'an dernier au guidon d'une BMW pas assez compétitive. Cette année, c'est différent : " J'ai des mécaniciens, je ne suis pas obligé de tout faire moi-même. Je peux me concentrer sur le road-book. Ce matin, la navigation m'effrayait un peu, mais je m'en suis bien sorti, la preuve. Cela dit, je suis persuadé que Sainct n'a pas roulé vite une fois Meoni out. Pour lui, une victoire d'étape est sans importance. Pour moi, si ! "
Chez les autos, les deux ''Mitsu Evo boys'', Stéphane Peterhansel (N°206) et Hiroshi Masuoka (N°200) ont poursuivi leur duel à distance. Que le Japonais a remporté aujourd'hui, enlevant l'étape avec 2'46'' d'avance sur le Français. Parti en 3ème position, celui-ci a dépassé Jean-Pierre Fontenay (Mitsubishi N°202) avant le CP1, puis Ari Vatanen (Nissan N°204), le Finlandais ayant de surcroît crevé. ''Peter'' a alors relativement assuré: " On gère sans prendre trop de risques, mais comme Masuoka n'est pas prêt à se laisser faire et moi non plus, on va quand même rouler fort jusqu'à Siwa. " Derrière, Masuoka faisait ce qu'il sait - et ce qu'il aime - le mieux faire : attaquer ! Doublant de Mévius, Servia, Kleinschmidt et Biasion, il réduisait son retard total sur Peterhansel à 14'06'' : " C'est le genre de spéciale que j'apprécie. On a pu rouler à fond. "
De Mévius (BMW N°205), lui, s'est un peu perdu, et a finalement concédé 22'03'' à Masuoka. Il reste 3ème au général, mais à près d'1h1/2 (1h29'07''). Et, surprise - surtout considérant sa difficile entrée en matière dans ce Telefonica-Dakar -, derrière, Jutta Kleinschmidt (VW Tarek N°203) conserve la 4ème position, devançant dans l'ordre les trois Mitsubishi de Fontenay, Biasion et Sousa (qui a donc perdu deux rangs) et le premier Nissan ''pick-up'', toujours celui du Sud-Africain Giniel De Villiers (N°217).
En camion, l'empoignade entre Vladimir Tchaguine et la famille De Rooy fait plus que jamais rage. Au terme d'une spéciale remportée par Andre De Azevedo (Tatra N°410), De Rooy Junior (DAF N°414), après avoir frôlé la catastrophe (22ème avec 22'04'' de retard sur Tchaguine dès le CP1 !), a fini la spéciale en trombe, préservant la 1ère place (re)conquise hier pour moins de deux minutes (1'52'').




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