Huit fois Sébastien Loeb

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Huit fois Sébastien Loeb
"C'est un record, c'est spécial"

Sébastien Loeb : "On était ex-aequo avec +Schum+ (Michael Schumacher, 7 fois champion du monde de F1) et ça fait plaisir d'en avoir huit. Ce titre a une saveur particulière, parce que c'est un nouveau record, c'est spécial. (...) J'y ai toujours cru et il fallait bien que la chance tourne un peu, à un moment, parce que ça devenait très tendu avant la Catalogne. C'est toujours resté possible, mon destin est toujours resté dans mes mains, je savais que j'étais maître du jeu. Il y a eu des moments de doute, mais finalement ça l'a fait."

Huit fois Sébastien Loeb

Dimanche 13 novembre 2011 - 15:28

Sacré champion du monde des rallyes pour la huitième fois malgré un abandon, dimanche, dans le rallye de Grande-Bretagne, Sébastien Loeb marque l'histoire de sa discipline. Il bat le record de Michael Schumacher sacré 7 fois en F1. Portrait de ce pilote hors du commun et retour sur la construction de ce huitième sacre.

C'est sous une pluie battante, vendredi soir à Builth Wells, que Sébastien Loeb a sobrement fêté son 8e titre de champion du monde. Sans excès car, à ce moment du week-end, la course n'était pas encore terminée. Et sans joie démesurée, il faut l'avouer. Car la victoire, Loeb connaît. Intouchable en WRC, le Français est "une exception" dans l'histoire du sport automobile. Un compliment signé... Sebastian Vettel !

A 37 ans, l'Alsacien dépasse l'Allemand Michael Schumacher, détenteur de sept titres de champion du monde de Formule 1 (mais pas d'affilée), un ami avec qui il adore aller rouler à moto, à huis-clos, sur le circuit de la Bresse, pas très loin de sa résidence suisse.

Posé, réfléchi, ce gendre idéal, marié à Séverine et père d'une petite Valentine, n'a pourtant pas toujours été un ange. Après avoir pratiqué dans sa jeunesse la gymnastique, comme son père professeur de sport, Sébastien Loeb a été gagné par le virus de la vitesse à l'adolescence: sur deux roues d'abord, puis avec ses premières voitures, il s'est fait la main sur les routes du coin, au grand dam de certains voisins et des gendarmes de Haguenau.

Repéré par le biais de l'opération Rallye Jeune en 1996, Loeb a été engagé par Citroën et a rapidement franchi les échelons: il se battait pour le titre mondial dès 2003, contre le Norvégien Petter Solberg (Subaru).

Cette année-là, en Grande-Bretagne, il a toutefois été obligé de faire passer ses ambitions personnelles au second plan et d'assurer le titre des constructeurs au détriment de celui des pilotes. Une claque dont il s'est vite remis puisque plus aucune couronne mondiale ne lui a échappé depuis 2004.

Polyvalent, l'Alsacien a aussi participé aux 24 Heures du Mans en 2005 et 2006, année où il a terminé à une excellente 2e place sur un proto Pescarolo. Il a aussi effectué quelques essais dans des Peugeot 908 d'endurance et dans une Formule 1, disputé plusieurs courses de la Porsche Carrera Cup et du GT-Tour, sur les circuits français.

Aujourd'hui, son naturel et sa gentillesse font de lui l'un des sportifs préférés des Français, et donc une cible de choix pour les publicitaires, qui le sollicitent de plus en plus. Il a renégocié cet été son contrat avec Citroën et arrêtera le rallye fin 2012 ou fin 2013, au choix.

Dans quelques années, lorsqu'il remisera son casque, il ne restera certainement qu'un regret à ce talentueux touche à tout: ne pas avoir pu disputer un Grand Prix de Formule 1, alors qu'il en avait fortement été question fin 2009.

Les moments forts de la saison


Le 8e titre mondial du Français Sébastien Loeb a été acquis dans le 13e et dernier rallye de la saison, au terme d'une année très disputée, façon montagnes russes, pendant laquelle il a longtemps envisagé, jusqu'à l'été, de prendre sa retraite fin 2011.

Mexique (mars): victoire à l'intox
Loeb va voir Ogier, en tête le dimanche matin, pour le prévenir qu'il ne va pas respecter la consigne de course d'Olivier Quesnel, le patron de l'écurie, et donc ne pas se satisfaire d'une deuxième place, si tôt dans la saison. Sous pression, Ogier part dans le décor, Loeb gagne, la polémique commence...

Grèce (juin): 2e derrière Ogier
Ogier ralentit volontairement en fin de 2e journée pour obliger Loeb à "balayer" le dimanche, puis remporte le rallye. Loeb comprend qu'il n'est plus le leader de l'équipe et en tire les conséquences. Fin août, juste avant le rallye d'Allemagne, il prolonge de deux ans son contrat avec Citroën, en ayant posé ses conditions.

Finlande (août): victoire au panache
En tête dès l'ES2, Loeb remporte une victoire de prestige, au panache, sur les terres des Finlandais, devant Latvala et Ogier, éphémère leader après l'ES9 et l'ES10, qui a crevé dans l'ES17. Hirvonen a encore été malchanceux chez lui, dès l'ES1, quand une coupure moteur en plein virage lui a fait heurter un arbre et perdre près de 2 minutes. Loeb creuse l'écart en tête du championnat.

Allemagne (août): 2e derrière Ogier
Loeb, en tête depuis l'ES3, est victime d'une crevaison dans l'ES14, samedi soir, perdant une minute et toute chance de remporter le rallye pour la 9e année d'affilée, alors que les dirigeants de Citroën avaient pourtant figé les positions en demandant à Ogier, furieux, de se satisfaire de la 2e place. Du coup, et malgré les consignes, Ogier gagne sur asphalte, la surface préférée de Loeb, son 4e rallye de la saison et reste en course pour le titre.

Australie (septembre): sortie de route, 10e
Loeb part dans le décor dès l'ES4, erreur rarissime, parce qu'il a regardé un temps partiel d'Ogier sur son tableau de bord. Puis Ogier, en tête, part à son tour à la faute, dans l'ES6. Ford déroule, Latvala se sacrifie et offre la victoire à Hirvonen, le championnat est relancé.

Alsace (octobre): moteur cassé, abandon
Dès le vendredi, dans l'ES3, Loeb casse son moteur neuf, à cause d'une erreur de montage. En son absence, Ogier gagne et revient dans la course au titre mondial, alors qu'il était prêt à jouer le rôle de N.2. Pire même, la disqualification de Solberg permet à Hirvonen, 3e, de rejoindre Loeb en tête du classement pilotes.

Catalogne (octobre): victoire mixte (terre/asphalte)
Invaincu depuis 2005 en Espagne, Loeb prend la tête d'entrée, sur terre, grâce au nuage de poussière qu'il dégage derrière lui dans l'ES1, alors qu'il s'attendait à perdre du temps en balayant la piste. Latvala réussit à passer devant lui après l'ES4 mais part à la faute dans l'ES6, de nuit. Loeb reprend la tête et ne la quittera plus, les deux dernières journées se disputant sur asphalte.

Grande-Bretagne (novembre): le 8e titre, dès le vendredi
Alors que la bagarre fait rage entre Loeb et Hirvonen, qui vient de passer en tête après l'ES6, avec 4/10 de sec d'avance, le Finlandais part à la faute dans l'ES7, une branche perfore son radiateur et son moteur surchauffe. Le suspense dure jusqu'à la fin de l'après-midi, quand son abandon est confirmé. Loeb apprend la nouvelle dans sa voiture de course, en rentrant à Builth Wells.

Classement final 2011 (pts)

  • 1
     FRA  Sébastien Loeb
    222
  • 2
     FIN  Mikko Hirvonen
    214
  • 3
     FRA  Sébastien Ogier
    196
  • 4
     FIN  Jari-Matti Latvala
    172
  • 5
     NOR  Petter Solberg
    110

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