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Tréluyer, le pilote qui a fait gagner Audi

Tréluyer, le pilote qui a fait gagner Audi

Lundi 13 juin 2011 - 21:00

En choisissant de réveiller Benoît Tréluyer plus tôt que prévu, afin de lui confier un quintuple relais au petit matin, Audi a fait du pilote français, brillantissime toute la semaine, le héros modeste de sa plus belle victoire aux 24 Heures du Mans.

Quel chef d'oeuvre ! Le natif d'Alençon, amoureux de l'épreuve sarthoise depuis toujours, pouvait bien fondre en larmes au moment où son équipier André Lotterer franchissait le drapeau à damier au volant de l'invincible Audi N.2.

A 34 ans, Tréluyer a tutoyé la perfection durant cette 79e édition, prenant une belle revanche sur une carrière jusqu'alors riche mais dénuée de grands succès. "Ben, c'est un artiste. Quand il est dans un bon jour, il est vraiment très bon", sourit son pote Soheil Ayari, 4e avec lui des 24 Heures 2004, dans une Pescarolo.

Il y a deux ans pourtant, "Trélu" n'en menait pas large. Dans la nuit sarthoise, il venait, bien involontairement, de fracasser la Peugeot 908 confiée à Pescarolo Sport, dans le S de la Chapelle, suscitant l'inquiétude pendant de longues minutes quant à son état de santé.

Plus de peur que de mal finalement, mais quelle surprise tout de même de le voir rejoindre quelque mois plus tard la +dream team+ du Dr Wolfgang Ullrich, le patron d'Audi Sport, aux intuitions rarement mauvaises.

C'est que le grand maître avait besoin de ce style de pilote, fougueux mais expérimenté, capable de se frayer un chemin au milieu de voitures lentes tout en préservant la mécanique. Boosté par la confiance d'Ullrich, Tréluyer est devenu le leader de l'Audi N.2, aux côtés du Suisse Marcel Fässler et de l'Allemand André Lotterer.

"Ben" sur un nuage

Son coup de volant, Tréluyer l'a forgé au Japon, sa deuxième patrie, où il anime depuis plusieurs années le Super GT nippon. Il est parti s'y installer à 24 ans, pour donner une nouvelle dimension à carrière, nouant au passage une belle amitié avec Lotterer.

Juste avant 07h00, dimanche matin, Tréluyer n'a pas eu le temps de penser à tout ça: les stratèges d'Audi l'avaient déjà fait pour lui: "Alors, tu es entre deux Peugeot, en sandwich, dans le même tour, et tu dois t'échapper", le tout deux minutes après l'avoir réveillé en urgence. C'est Fässler qui devait, à l'origine, prendre le relais suivant.

"Je leur ai répondu: +Ok, merci les gars+. Je n'ai jamais eu un réveil aussi excitant et effrayant de ma carrière", confie "Ben". Une fois sur la piste, le réveil n'a pas eu besoin de sonner deux fois.

Entre 08h00 et midi, Tréluyer a livré une prestation grandiose et signé une grande première: un quintuple relais avec le même train de pneus Michelin, à 230 km/h de moyenne, en dépassant à tout va pour balayer l'avantage de Peugeot en termes de consommation de gazole.

Pendant ce maxi-relais d'anthologie, "Ben" était intouchable, même par les 908 de Marc Gené ou Anthony Davidson, il ne pouvait rien lui arriver. Quant à Stéphane Sarrazin, il se souviendra longtemps du moment où Tréluyer lui a fait l'extérieur, dans les virages Porsche, en doublant d'un seul coup sa 908 et une Corvette qui le bouchonnait.

Pole position jeudi, meilleur tour en course dimanche, grâce à Lotterer, puis 10e victoire Audi, "la plus belle de toutes" selon l'immense Dr Ullrich. La bande à Tréluyer est entrée par la grande porte dans l'Histoire de l'endurance. Avec un grand H, à l'instant T.

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