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Battu pour 13 secondes par Audi lors des 24 Heures du Mans, Peugeot, pourtant en supériorité numérique -quatre 908 contre une seule Audi- n'a pas réussi à saisir sa chance, la faute à quelques petits détails qui ont eu de grosses conséquences.
L'éviction (908 N.9)
Au volant de la Peugeot N.9, Pedro Lamy n'a effectué qu'un court relais de deux heures, samedi soir, avant de se voir signifier que la course était finie pour lui. La faute, selon des indiscrétions, à des performances jugées trop lentes par rapport au rythme imposé par Audi. Du coup, Bourdais et Pagenaud ont dû se partager les 15 heures restantes, à deux, et accumuler beaucoup de fatigue en plus, pour échouer finalement à 13 petites secondes. "Ce n'était pas notre décision et on est allés au charbon", a dit Bourdais, encore 2e. "C'était ma dernière course pour Peugeot", a dit Lamy. Décevant.
La touchette (908 N.7) et la portière (908 N.9)
Que serait-il advenu si Alexander Wurz n'avait pas tapé les rails dimanche matin, alors que la 908 N.7 semblait la plus à même de mettre la pression sur l'Audi N.2 ? Jusque-là irréprochable et très rapide, le pilote autrichien ne peut pas se reprocher grand chose. Son accident est le symbole des limites de Peugeot ce week-end: obligé de rouler au-dessus de ses moyens pour tenter de rattraper une Audi plus performante (1 seconde au tour, en course). Autre petit souci, la portière gauche de Bourdais, au 1er ravitaillement: 12 secondes de perdues. Rageant.
Voiture de sécurité et ravitaillements
Peugeot a aussi perdu la course en raison de sa gestion des ravitaillements et surtout des neutralisations, avec un léger manque de réussite. Toujours en décalé par rapport à Audi, le team avait bâti une stratégie intelligente, en tablant sur une meilleure consommation de carburant. De fait, les Peugeot ont moins souvent ravitaillé (un à trois stops de moins, selon les voitures), mais pas toujours au moment idéal. Le joli coup tenté dans la dernière demi-heure était un formidable joker: rentrer aux stands en même temps que l'Audi N.2 et ne pas changer de pneus, au dernier pit-stop, a permis à la N.9 de ressortir juste derrière, à 7 secondes, et de la maintenir sous pression. Insuffisant.
Surchauffe et vibrations (908 N.8)
Les fans de Peugeot attendaient beaucoup de la N.8, supposée la plus rapide avec son équipage cinq étoiles: Franck Montagny, Stéphane Sarrazin, Nicolas Minassian, tous plus rapides les uns que les autres. Mais la vitesse ne fait pas tout et le temps passé derrière la voiture de sécurité -plus de 5 heures en tout- n'était pas en adéquation avec leur tempérament: accélérations plus fréquentes pour maintenir les pneus à température, freins trop sollicités, qui chauffent, et consommation de carburant supérieure, la N.8 a trop rongé son frein. Minassian a même dû écourter son relais dimanche matin, en raison de vibrations trop importantes. Au final, une 3e place logique. Frustrant.



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« Pastore vaut 12 millions, pas plus »
Vahid Halilhodzic