Fernando Alonso n’est pas venu disputer les 500 miles d’Indianapolis pour faire uniquement la promotion d’un constructeur (Honda). Le double champion du monde de Formule 1 a impressionné lors des essais. Cinquième sur la grille de départ, l’Espagnol compte également briller dimanche lors de la course.

Débutant à 35 ans, Fernando Alonso ne fait plus rire. Sa décision de faire l’impasse sur le Grand Prix de Monaco de F1 pour participer aux 500 miles d’Indianapolis dimanche avait constitué un coup de tonnerre, mais le pari est déjà presque gagné. En deux semaines, le pilote espagnol a mis tout le monde dans sa poche. En quelques séances d’essais, il a pris la mesure d’une monoplace complètement différente de sa McLaren-Honda. Dans le rythme des meilleurs, le pilote asturien a toutes les cartes en main pour faire bonne figure. Jusqu’à s’imposer dans sa quête de la triple couronne (GP de Monaco de F1, 500 miles d’Indianapolis, 24 Heures du Mans) ? Une trilogie qu’un seul homme a réalisé, le Britannique Graham Hill. Il a l’équipement pour gagner, il a le talent naturel pour être très compétitif. Il lui manque juste l’expérience, constate Zak Brown, le directeur exécutif de McLaren.

Nul doute qu’après des séances de qualifications convaincantes, les autres concurrents ne le considèrent plus comme un simple débutant. Il est davantage préparé que la plupart des +rookies+, estime son coéquipier Marco Andretti, qui partira juste derrière lui, huitième. Il a beaucoup de connaissances et d’expérience de voitures différentes dans ses équipes précédentes. Il est probablement plus prêt que moi quand j’ai débuté ici à 19 ans. Cependant, l’emblématique épreuve américaine est longue et de nombreux aléas peuvent survenir. Et la moindre erreur dans un peloton de 33 monoplaces lancées à 380 km/h peut être catastrophique. Alonso aura fort à faire face à des pilotes beaucoup plus habitués à ce type de courses en paquet. Pas moins de sept anciens vainqueurs seront au départ, dont le tenant du titre, le Californien Alexander Rossi, troisième sur la grille, ou le poleman néo-zélandais Scott Dixon, vainqueur en 2008. Le plus difficile c’est la course et tout ce qui peut arriver dans une telle épreuve: apprendre à gérer le trafic, les petits trucs pour dépasser, utiliser les performances de votre voiture, à quel moment, pourquoi… Toutes ces petites choses que seule l’expérience peut vous apprendre. Et je n’ai pas cette expérience donc je sais que je serai plus faible par certains aspects, convient Alonso. Une incertitude plane aussi sur les voitures équipées du moteur Honda, comme celles de l’écurie Andretti: les propulseurs nippons manquent de fiabilité par rapport aux Chevrolet, et Alonso lui-même a par exemple dû changer de moteur avant les qualifications.