Dwain Chambers pour l'exemple

Athlétisme / JO 2012

Dwain Chambers pour l'exemple

Dwain Chambers pour l'exemple

Jeudi 19 juillet 2012 - 15:03

Le sprinteur britannique Dwain Chambers, sélectionné in extremis pour les Jeux Olympiques après des années de bataille juridique, veut que sa présence à Londres serve d'exemple à tous ceux qui pourraient être tentés de s'engager, comme lui jadis, dans la voie du dopage.

"J'espère qu'en me voyant les gens y réfléchiront à deux fois. Ca ruine la vie et on le regrette à jamais", a récemment déclaré dans une interview au Times le vétéran Dwain Chambers, devenu un militant contre le dopage. CAUjourd'hui âgé de 34 ans, il a été l'un des grands espoirs de l'athlétisme britannique. Champion d'Europe juniors, détenteur du record du monde dans cette catégorie (10.06), il avait confirmé son talent en décrochant la médaille de bronze du 100 mètres au Championnat du monde en 1999 en 9 sec 97, un temps qui reste son record personnel, au moins sur les tablettes officielles. Car le Britannique est déjà allé plus vite : 9 sec 87, record d'Europe de son compatriote Linford Christie égalé. C'était en 2002, alors qu'il avait déjà franchi le pas du dopage à la THG, un stéroïde fourni par le laboratoire américain BALCO, dont le patron, Victor Conte, sera condamné à de la prison.

Contrôlé positif aux Championnats du monde 2003, Chambers avoue. La sanction automatique tombe : deux ans de suspension, annulation de ses performances et de ses médailles depuis 2002. Mais en Grande-Bretagne, elle est assortie d'une interdiction à vie de participer aux Jeux, le Comité olympique britannique (BOA) se voulant à la pointe du combat contre le dopage. Une première action en justice intentée par l'athlète devant la Haute cour de Londres échoue en 2008 et le sprinteur regarde les Jeux de Pékin à la télévision après avoir déjà manqué ceux de 2004.

"Double peine"


Puis l'affaire, qui concerne d'autres athlètes dans plusieurs pays, s'internationalise. Le BOA, dont la position est combattue par l'Agence mondiale antidopage (AMA) qui juge illégale la "double peine", est finalement désavoué par le Tribunal arbitral du sport (TAS) fin avril 2012. Eligible, Chambers a deux mois pour gagner sur la piste un ticket pour ses deuxièmes Jeux après ceux de l'an 2000 à Sydney, où il avait pris une quatrième place prometteuse à l'époque. Il ne s'agit en rien d'une formalité car la forme l'a fui toute la saison et les 10 sec 18 exigés par la Fédération britannique pour un ticket olympique sont restés inaccessibles. C'est finalement en gagnant d'une tête le 100 mètres des Championnats de Grande-Bretagne, fin juin, que l'athlète s'ouvre la porte des Jeux, dans un temps bien modeste de 10 sec 25 qui ne devrait pas lui permettre de passer plus d'un ou deux tours à Londres.

Mais peu importe, car en foulant le tartan du stade olympique, l'Anglais aura le sentiment d'être arrivé au bout du chemin du rachat, rendu douloureux par le sentiment de culpabilité qui l'a longtemps habité après son retour à la compétition en 2006. Parfois snobé par ses pairs (son coéquipier Darren Campbell, qui a passé l'éponge depuis, avait ainsi refusé de faire un tour d'honneur avec lui après une victoire en relais) et parfois découragé au point d'avoir cherché à se reconvertir dans le football américain et le rugby à XIII, Chambers a décidé de se rendre utile en prêchant la bonne parole dans les écoles. "Tout le monde ne me pardonnera peut-être pas, mais moi je veux continuer à donner l'exemple et à inspirer des gens. Avant tout, je me suis pardonné à moi-même. Pour être libre, il faut laisser derrière soi les punitions qu'on s'inflige", a-t-il ainsi dit récemment à des élèves de primaire.

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