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Q: Que s'est-il passé ?
R: "Trois cartons rouges, élimination. Voilà. Trois flexions de jambes. Je me sentais très bien avant le départ ce matin, de très bonnes sensations. On avait vraiment de la chance parce qu'il ne faisait pas chaud. Donc au départ, je ne suis pas parti vite, moi je suis resté avec les Russes mais après je suis parti comme tous les matins à l'entraînement, c'est à dire à mon rythme et ça répondait bien. La concentration était là, tactiquement on a vu que l'écrémage se fait très rapidement, j'en avais largement sous le pied maintenant on ne peut pas écrire l'histoire parce que c'est fini. C'est vraiment un sentiment de déception".
Q: En voulez-vous aux juges, aux réglements, à leur application ?
R: "Il n'y a pas de rage, malheureusement ça fait partie de mon sport. On m'a plutôt fait sentir qu'on ne m'avait pas beaucoup vu de l'année, que j'étais peut-être resté trop à la maison. Que je faisais un peu comme les Russes cette année mais que les Russes ont une légitimité que je n'ai pas et après, on me l'a peut-être fait payer aujourd'hui. "On", c'est certains juges. Est-ce qu'il ne faut pas que je refasse mes gammes à l'étranger ? Je pense que si, ça va passer par là l'année prochaine forcément. Plus on me voit et plus on accepte ma technique et aussi peut-être mon attitude en course, celle de partir devant qui peut être prise pour de l'arrogance. Peut-être, je ne sais pas".
Q: Il va vous falloir vous remettre de cette déception pour préparer Londres désormais...
R: "J'étais là pour assumer mon statut de favori et pour moi j'ai assumé. Je prends ça comme la fatalité de ma discipline. J'espère surtout que je ne vais pas porter la poisse à mon compagnon de chambrée, Mehdi Baala, en finale du 1500 m ce soir (samedi)".
Le Français Yohann Diniz a été disqualifié du 50 km marche des Mondiaux d'athlétisme de Daegu, dont il était l'un des grands favoris, au bout d'un peu plus d'une heure et dix minutes de course et près de 17 km de course, alors qu'il était en tête de l'épreuve samedi.
Le Français a reçu trois avertissements pour faute de flexion (jambe d'appui non tendue), synonymes de disqualification.
Il s'agit d'un coup dur pour le marcheur et l'équipe de France, puisqu'il était un des favoris de l'épreuve et une des meilleures chances de médaille de la délégation française.
"C'est plus que de la frustration. Ca n'est pas parti vite et j'ai donc pris les devants. On me fait peut-être payer cette forme d'arrogance. Prendre autant de cartons en peu de kilomètres, ça ne m'était jamais arrivé", a-t-il déploré.
Le Français a reçu des avertissements aux 9e, 11e et 16e kilomètres.
Les températures ayant baissé, contre-disant les prévisions météorologiques qui donnaient une grosse chaleur en matinée, Diniz avait opté pour la même tactique que lors des championnats d'Europe de Barcelone en 2010, où il avait fait toute la course en tête sans recevoir le moindre avertissement.
A Daegu, Diniz, parti très rapidement au bout de 5 minutes de course, était en tête de l'épreuve en compagnie du champion du monde 2007 l'Australien Nathan Deakes lorsque la sanction est tombée.
Mais il semblait excédé par le comportement de l'Australien, rechignant à prendre les relais. Diniz a ainsi obligé son adversaire à en prendre un au 12e kilomètres, montrant ostensiblement son désaccord et son énervement.
"Non, ce n'est pas contre Deakes que j'apprécie beaucoup. Au contraire, je pense qu'on aurait pu faire une belle course ensemble", a-t-il démenti.
Le jeune Sergey Bakulin, 24 ans, a confirmé la supériorité de l'école russe dans la discipline en remportant, en expert de la tactique, l'épreuve. En 3h 41 min 24 sec, Bakulin a devancé son compatriote Denis Nizhegorodov (3h 42:45.) et l'Australien Jarred Tallent (3h 43:36.).
Comme lors des précédents Mondiaux, en 2009 à Berlin, la Russie a gagné les trois épreuves de la marche, et six médailles sur neuf.
Bakulin a été le seul au début à pouvoir suivre le duo d'enfer composé du Français Yohann Diniz, double champion d'Europe (2006/2010), et de l'Australien Nathan Deakes, champion du monde 2007, en début de course.
"Je n'ai pas voulu suivre le rythme de Diniz, parti très vite. C'était la tactique. Plus que la position, ce qui m'importait c'était le chrono", a souligné le vainqueur.
Bakulin avait réalisé cette saison le temps de référence, 3h 38 min 46 sec le 12 juin à Saransk. C'est dans cette ville, à quelque 500 km à l'est de Moscou, que s'entraînent au centre fédéral les marcheurs russes de haut niveau, sous la conduite du maître Viktor Chegin.
"Cette année, on a été en plus un mois en stage dans les montagnes du Caucase. A 1.500 m d'altitude, c'était dur mais on a survécu", a indiqué Nizhegorodov, détenteur du record du monde (3h 34:14.) de la plus "massacrante" des épreuves du programme d'athlétisme.
"C'est la première grande victoire de ma carrière. Tout m'arrive d'un coup. Je suis fatigué", a ajouté Bakulin, passionné de pêche en rivière.
Le réservoir russe est tellement impressionnant que l'abandon de Sergey Kirdyapkin, tenant du titre, est quasiment passé inaperçu.
Tallent, deux fois sur le podium aux jeux Olympiques de Pékin (argent sur 50 km, bronze au 20 km), a admis qu'il "était difficile pour le reste du monde de battre les Russes".



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