Deux mois de prison avec sursis ont été requis mercredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny contre la championne d'athlétisme Eunice Barber accusée d'avoir résisté à une interpellation en 2006 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) au cours de laquelle elle a mordu des agents.
A l'audience,
Eunice Barber, qui a perdu ses moyens à plusieurs reprises, a réaffirmé avoir voulu "protéger" son corps, son "outil de travail". Elle a accusé les policiers de l'avoir "humainement humiliée", "peut-être" par "racisme".
Celle-ci avait été interpellée le 18 mars 2006 près du
Stade de France alors qu'elle s'était engagée au volant de sa voiture dans une voie exceptionnellement interdite.
A l'issue d'une audience remarquablement longue (4H15) à juge unique, le président de la 11e (et non 17e comme écrit par erreur) chambre a mis son jugement en délibéré à mardi prochain.
La procureure Camille Palluel a demandé que
les faits reprochés à Mme Barber (refus d'optempérer, rébellion et outrage), passibles de 6 mois de prison et 7.500 euros d'amende, soient réprimés "comme ils le sont tous les jours devant ce tribunal".
La procureure a qualifié la réaction de l'athlète d'"inappropriée, disproportionnée et particulièrement violente".
La championne d'origine sierra-léonaise de 34 ans avait auparavant réitéré ses accusations contre un policier chargé de la circulation qui l'aurait initialement selon elle giflée, ce que celui-ci nie, et qu'aucun témoin hormis Margaret Barber, la mère d'Eunice, ne confirme. Son avocat Me Emmanuel Daoud a demandé au juge d'apprécier ce dossier au regard de ce "mensonge originel" qui "vicie toute la procédure".
Pour Me Géraldine Lesieur, avocat de 5 des 6 policiers s'étant porté partie civile, Mme Barber adopte "exactement la même défense que n'importe lequel des jeunes gens qui sont jugés quotidiennement devant la 17e chambre (...) +j'ai été agressé, je me suis défendu+".
La plainte pour violences déposée à l'IGS (la police des polices) par Barber contre les policiers a donné lieu à un non-lieu.
Cinq policiers étaient présents. Ils ont sollicité entre 1.500 et 10.000 euros au titre des réparations, dommages et frais de justice.