| Résultats |
Diniz craque sous la pression
Vendredi 22 août 2008
Champion d'Europe et vice-champion du monde, le Français Yohann Diniz était l'une des meilleures chances françaises en athlétisme. Il a abandonné.
L'Italien Alex Schwazer remporte la médaille d'or du 50 km marche des Jeux de Pékin, en 3h37:09 (nouveau record olympique), devant l'Australien Jared Tallent (3h39:27) et le Russe Denis Nizhegorodov (3h40:14.).
Schwazer, 23 ans, est le troisième Italien à s'imposer sur la distance aux Jeux, après Giuseppe Dordoni (1952) et Abdon Pamich (1964). Il avait terminé 3e des Mondiaux 2005 et 2007.
Champion d'Europe et vice-champion du monde, le Français Yohann Diniz a abandonné au 33e km, victime d'"un jour sans", selon son expression. "J'ai eu mal au ventre, a indiqué le champion d'Europe de Göteborg. Après j'ai eu un coup de chaud et enfin j'ai eu mal aux ischios. Au fur et à mesure, je dépérissais. Je m'arrête, je repars, je m'arrête, je repars, je m'arrête... C'est un jour sans un jour olympique. Il faut assumer et se reconstruire. Je sais que j'ai le potentiel." Souffrant d'un problème à l'ischio-jambier gauche, le Marnais s'est arrêté deux fois autour du 30e km pour se désaltérer et tendre la jambe. Décroché d'une trentaine de secondes d'un quatuor de tête, il s'est retrouvé 5e à 2'35" des hommes de tête. Il s'est définitivement arrêté, enjambant une barrière.
"J'ai souffert, a indiqué le Français sur France 2. J'ai souffert de la chaleur, j'ai souffert mentalement. J'ai essayé de tout donner mais ça ne répondait plus. J'avais mal. C'est un enchaînement de plein d'événements négatifs. Je suis très déçu. Je m'étais préparé, plein de gens m'attendaient, mais je n'ai pas répondu présent. Faut que j'essaie de rebondir. Je m'excuse auprès de tout le monde. Mais j'ai tout donné. Je ne pouvais pas faire plus aujourd'hui. J'avais mal aux ischios. Mentalement, ça a pris le dessus. J'ai craqué physiquement et mentalement."
|
| Réactions | Denis Langlois (coentraîneur): "Peut-être que les trois derniers jours, il aurait fallu qu'il évacue tout le reste. Mardi, il a dit qu'il avait la pression. Mercredi, il est allé au hand. Ca allait mieux. Je pense qu'il n'a pas assez évacué. Il s'est mis trop tôt dans la course. Nous n'avons peut-être pas été assez présents, pas capables de l'accompagner. Les mecs ont dynamité la course. Ca l'a perturbé. Je lui ait dit +c'est une course hors normes, tu vas perdre tes repères+. Il y était un moment, mais ses problèmes de bide et sa contracture lui ont occupé l'esprit. C'était une sage décision d'être patient, mais émotionnellement, il lui manquait quelque chose pour être patient. Il n'était pas dans le même état d'esprit émotionnellement que l'an dernier, mais ce n'était pas la même pression. C'est une pression que l'on a que deux ou trois fois dans sa vie, quand on va aux Jeux. Nous n'avons peut-être pas été assez vigilants."
Thierry Toutain (coentraîneur): "A mon avis la pression était trop forte. Il a dit lui-même qu'il ne pouvait pas aller devant, mais ce n'est pas un problème physique, mais plus psychologique. Il avait fait tout ce qu'il fallait pour être prêt. Il avait trop de pression. Il y a deux ans, il n'en avait pas du tout (1er aux Championnats d'Europe) et l'an dernier il en avait beaucoup moins (2e aux Mondiaux). C'est un Championnat du monde d'athlétisme. Là, c'est les Jeux. Il y a avait des choses qui me déplaisaient avant, mais je débarque dans un système qui fonctionnait (il a rejoint Denis Langlois cette année à la demande de ce dernier), donc ce n'était pas à moi de le dire. Mais quand on se met la pression, est-on capable de la supporter ?" |
|