Le président de la
FIFA Joseph Blatter a annoncé mercredi qu'il solliciterait un mandat pour discuter avec les dirigeants de l'Union européenne de la question du "6+5", qui obligerait les clubs à aligner au moins six joueurs "nationaux", lors du Congrès de la FIFA, les 29 et 30 mai à Sydney (Australie). "Je solliciterai un mandat du Congrès de la Fifa pour discuter avec les responsables politiques et sportifs, Bruxelles et les 27 gouvernements des Etats membres" de l'UE au sujet du principe du "6+5" (imposer six joueurs locaux et cinq étrangers maximum dans le onze de départ de chaque club), a déclaré M. Blatter.
"Nous voulons lutter contre le monopole des ligues et des clubs, a ajouté le président de la Fifa pour défendre son idée. Nous nous battons pour les équipes nationales et l'éducation des jeunes joueurs. Le système actuel va à l'encontre du principe d'égalité des
- Les députés européens ont voté à Bruxelles un texte s'opposant au projet du président de la Fédération internationale de football.
Le Parlement européen "demande aux Etats-membres et aux associations sportives de ne pas introduire de nouvelles règles qui créeraient des discriminations basées sur la nationalité, telles que la règle 6+5 proposée par la Fifa", indique une résolution votée en séance plénière par les eurodéputés.
"C'est peine perdue. Et si M. Blatter veut passer en force, son projet sera rapidement confronté à la justice européenne", a déclaré le député conservateur grec Manolis Mavrommatis, reflétant l'opinion d'une large majorité de députés.
Le Livre blanc du sport publié en juillet dernier par la Commission européenne recommande aux fédérations sportives de protéger les clubs formateurs et les jeunes joueurs, mais "pas en imposant des règles discriminatoires", a commenté pour sa part le député français Guy Bono, à l'origine du texte voté. "Nous sommes plus favorables aux idées plus mesurées de l'Union européenne de football (UEFA) et de son président Michel Platini", a-t-il poursuivi.
Un projet mis à l'étude à l'UEFA vise à contraindre les clubs à mettre sous contrat un minimum de joueurs locaux au sein d'un effectif, sans pour autant restreindre le nombre de joueurs étrangers. Un jeune joueur devra aussi effectuer ses premières années de contrat pour le compte de son club formateur, selon ce projet de l'UEFA.
"Ce système dit du +home grown+ est certes plus modeste que le 6+5, mais il n'est pas contraire aux règles européennes puisqu'il n'introduit pas de discrimination sur la base de la nationalité", a commenté le député belge Ivo Belet. "Ce système encouragera les clubs à investir dans la formation des jeunes", a-t-il ajouté. -
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compétitions et de revalorisation des équipes nationales. C'est un système égoïste. Il ne faut pas laisser les riches devenir plus riches."
"Le 6+5 ne va pas à l'encontre des règles de l'Union européenne car il n'interfère pas avec le principe de la libre circulation", estime encore M. Blatter.
Le président de l'UEFA
Michel Platini avait au contraire jugé, le 28 mars, qu'il ne pouvait pas se battre pour la proposition du président de la Fifa pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec l'Union européenne, estimant que "la Commission (européenne) répond que c'est illégal."
"Platini est en faveur du 6+5 mais a dit qu'il serait difficile à installer, a nuancé
Sepp Blatter. Cette idée est également défendue par le
CIO, la
FIBA (Fédération internationale de basket-ball), le volley-ball, le rugby.
Bernard Laporte s'est prononcé il y a deux mois en faveur du 6+5. Nous ne sommes pas seuls sur cette idée."
"Ce n'est un problème difficile à résoudre. Il n'y a qu'en Angleterre et en Allemagne où le nombre d'étrangers est de 60%. Quand vous regardez la proportion de joueurs non sélectionnables en équipe nationale dans les autres grands championnats, ils ne sont que 40% en Italie, Espagne et en France. Dans ces pays, le 6+5 ne poserait pas de problème", a poursuivi le président de la Fifa.
M. Blatter a aussi insisté sur la nécessité de "développer des championnats et ligues professionnelles en Afrique et en Asie pour que les joueurs puissent vivre correctement et n'aient pas besoin d'émigrer".
Il a également défendu l'idée de passer de 2 ans à 5 ans la durée de résidence nécessaire pour qu'un joueur puisse défendre les couleurs de son nouveau pays, pour éviter qu'"au Mondial 2014, la moitié des joueurs soient d'origine brésilienne".