Le président de l'Assemblée nationale (UMP), Bernard Accoyer, se déclare "particulièrement choqué par ces comportements stupides et haineux". Jugeant ces comportements "contraires à l'esprit du sport et insultants pour tout le pays", M. Accoyer considère qu'il "n'est pas acceptable qu'un symbole de la République soit impunément souillé sur le territoire français".
Le député PS Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, suggère de ne plus jouer les hymnes nationaux "devant des publics qui ne savent pas se tenir". "Aujourd'hui, ces rencontres internationales n'ont plus rien à voir avec du patriotisme. C'est plus lié à des activités commerciales qu'à la rencontre entre deux Etats", a-t-il ajouté. Selon lui, les incidents survenus à ce match suscitent "beaucoup de commentaires disproportionnés". Bartolone met ainsi "les sifflets honteux" du match France-Tunisie sur le même plan que "les insultes à l'encontre des joueurs noirs", "la banderole anti-ch'ti" et "les gestes nazis".
Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, exprime son "indignation", suggérant "des interdictions de stade" pour les auteurs de telles pratiques. Il a estimé dans un communiqué que "de tels comportements sont inacceptables, sont choquants et blessants pour tous les Français et sont en contradiction complète avec les valeurs sportives de respect".
"La répétition de ces actes scandaleux doit nous inciter à faire preuve de la plus grande fermeté: quand l'hymne national est conspué, le match doit être arrêté et des sanctions doivent être prises à l'encontre de ceux qui ont ce type de comportements. On peut par exemple envisager des interdictions de stade", a-t-il déclaré. "Plus largement", M. Copé a exprimé son "incompréhension" devant l'attitude de "certains jeunes Français qui ne se reconnaissent pas dans la France, dans ses valeurs et qui finissent par siffler l'hymne de leur pays. C'est le symptôme d'une certaine faillite de notre politique d'intégration, de la politique de transmission de notre Histoire collective".
"On ne peut pas laisser passer un incident inadmissible comme celui-là d'autant plus que cela devient une mauvaise habitude lors de matches entre la France et les pays d'Afrique du Nord", estime Jacques Remiller, député UMP de l'Isère, membre de l'amicale parlementaire du football.
Il ne fait pas bon provoquer des incidents dans un stade le mardi. Le mercredi, jour du Conseil des ministres et de la séance télévisée de l'Assemblée Nationale, les politiques peuvent se défouler sur le sujet.
La réaction, semblable à l'émoi provoqué par l'affaire dite de la "banderole anti-ch'ti", du gouvernement ne s'est pas fait attendre. Tout match avant lequel la Marseillaise serait sifflée sera "immédiatement arrêté", a déclaré la ministre des Sports Roselyne Bachelot. "Tout match, où notre hymne national sera sifflé, sera immédiatement arrêté. Les membres du gouvernement quitteront immédiatement l'enceinte sportive où notre hymne national a été sifflé", a affirmé Mme Bachelot. "Quand un match aura donné lieu à de tels sifflets sur notre hymne national, tous les matches amicaux avec le pays concerné seront suspendus pendant un délai qui restera à fixer par le président de la fédération", a-t-elle ajouté.
La décision, prise à la hâte, se veut exemplaire, mais elle n'est pas totalement aboutie. La rencontre en question sera-t-elle suspendue ou définitivement arrêté ? Les spectateurs seront-ils remboursés de leurs places ? La rencontre peut-elle être rejouée ?
Par ailleurs, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a demandé mercredi au préfet de Seine-Saint-Denis, où se situe le Stade de France, de signaler officiellement les outrages à l'hymne national au procureur de la République de Bobigny. L'enquête "pourra s'appuyer sur les images filmées au cours de la rencontre, grâce à des caméras professionnelles implantées dans le cadre du dispositif spécifique demandé par le ministre depuis le printemps 2008 pour les matchs à risque". "Les interpellations qui en résulteront déboucheront sur des interdictions administratives de stade", ajoute le ministère.
Impuissant à enrayer ce phénomène qui gangrène le football, le président de la Fédération française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes, convoqué par la président de la République, a déclaré mercredi que le conseil fédéral avait été "choqué, ulcéré et écoeuré" par les sifflets qui ont accompagné la Marseillaise avant le coup d'envoi du match amical France-Tunisie. "Il est intolérable, inadmissible que les hymnes nationaux soient sifflés, a ajouté M. Escalettes. Ce n'est pas la première fois, mais cela devient insupportable. Si le football entraîne des manifestations pareilles, il ne remplit pas sa vocation, qui est de réunir les hommes."


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