Armstrong rejette les accusations
Samedi 3 juillet 2010 - 12:47
Lance Armstrong rejette les accusations de dopage venues d'anciens coéquipiers de l' US Postal, notamment Floyd Landis, parues samedi dans le Wall Street Journal, à quelques heures du départ du Tour de France à Rotterdam. "J'ai trop de choses à faire, dans ce dernier Tour pour moi et, quand j'aurai pris ma retraite, dans la lutte contre le cancer pour prêter plus d'attention à ce sensationnalisme prévisible à l'approche du Tour", déclare le septuple vainqueur du Tour. "L'article du Wall Street Journal est plein d'accusations fausses et de nouvelles déclarations de Floyd Landis, une personne avec une crédibilité égale à zéro et une habitude établie de désavouer demain ce qu'il jure aujourd'hui", ajoute le Texan.
Le quotidien américain avance que "trois coureurs", qui ne sont pas nommés, "ont dit au journal lors d'entretiens qu'il y avait du dopage dans l'équipe à l'époque où M. Armstrong était son leader, et l'un d'entre eux a admis que lui-même s'était dopé". "Plusieurs autres coureurs ont dit qu'ils n'avaient jamais observé d'activité de ce type lorsqu'ils étaient dans l'équipe", ajoute le quotidien des affaires, qui s'intéresse curieusement aux affaires du cyclisme.
Le Wall Street Journal publie aussi un long compte-rendu d'entretiens avec Landis, vainqueur déchu du Tour 2006 pour un contrôle positif à la testostérone, qui détaille les pratiques de dopage dont il dit avoir témoigné au sein de l'US Postal, entre 2001 et 2004. Landis déclare notamment qu'Armstrong lui aurait donné une vingtaine de patches, lui fournissant la première occasion de se doper de sa carrière et lui aurait expliqué "la logistique complexe des transfusions" pour déjouer la surveillance. Il raconte aussi deux épisodes de transfusions auquel il aurait vu Armstrong participer.
Selon lui, l'un a eu lieu lors du Tour 2004 dans un hôtel près de Limoges, où l'on demandait aux coureurs de venir dans une chambre dégagée pour l'occasion afin de se faire injecter leur sang par un médecin, avec des membres de l'encadrement faisant le guet à l'extérieur. L'autre se serait déroulé dans le bus de l'équipe, arrêté "sur une route de montagne isolée" après une étape. Sélectionné pour courir le Tour de France 2002, il se serait vu proposer par le manageur Johan Bruyneel de porter des patches de testostérone "deux nuits sur trois", et des prises de sang, qui devaient permettre des transfusions pendant l'épreuve pour améliorer le transport de l'oxygène. Landis révèle aussi avoir découvert que l'US Postal revendait des vélos mis à disposition par son équipementier, Trek, afin de couvrir les coûts du dopage.
Landis refait une chronologie des pratiques du dopage auquel il dit avoir été soumis d'abord chez US Postal, avant d'en prendre l'initiative chez Phonak où il a passé les saisons 2005 et 2006. Il affirme qu'après la signature de son contrat dans l'équipe d'Armstrong, en 2001, ce dernier l'a emmené dans une soirée à Austin où était consommée de la cocaïne et présentes des strip-teaseuses. "Je me suis fait à l'idée à ce moment-là qu'il avait une image, et que par ailleurs il y avait une réalité", a expliqué Landis.