L'enfer pour Pâques

Cyclisme / Paris-Roubaix

L'enfer pour Pâques
Composition de dix équipes engagées

AG2R: Aurélien Clerc (SUI), Renaud Dion (FRA), Martin Elmiger (SUI), Sébastien Hinault (FRA), Lloyd Mondory (FRA), Cédric Pineau (FRA), Stéphane Poulhiès (FRA), Gatis Smukulis (LTU)

Astana: Valeriy Dmitriyev (KAZ), Berik Kupeshov (KAZ), Steve Morabito (SUI), Yaroslav Popovych (UKR), Bolat Raimbekov (KAZ), Gregory Rast (SUI), Michael Schär (SUI)

BMC: Jackson Stewart (USDA), Tony Cruz (USA), Jeff Louder (USA), Brent Bookwalter (USA), Danilo Wyss (SUI), Martin Kohler (SUI), Alex Moos (SUI), Ian McKissick (USA)

Bouygues Telecom: Steve Chainel (FRA), Matthieu Claude (FRA), Damien Gaudin (FRA), Saïd Haddou (FRA), Arnaud Labbe (FRA), Rony Martias (FRA), Alexandre Pichot (FRA), Sébastien Turgot (FRA)

Caisse d'Epargne: Rui Costa (POR), Arnaud Coyot (FRA), Mathieu Drujon (FRA), Imanol Erviti (ESP), Angel Madrazo (ESP), Marlon Pérez (COL), Nicolas Portal (FRA), José Joaquin Rojas (ESP).

Cofidis: Alexandre Blain (FRA), Guillaume Blot (FRA), Florent Brard (FRA), Hervé Duclos-Lassalle (FRA), Alexandre Usov (BLR), Sébastien Minard (FRA), Sébastien Portal (FRA), Romain Villa (FRA)

Columbia: Michael Barry (CAN), Edvald Boasson Hagen (NOR), Marcus Burghardt (GER), Bernhard Eisel (AUT), Greg Henderson (NZL), George Hincapie (USA), Vicente Reynes (ESP), Marcel Sieberg (GER)

Euskaltel: Koldo Fernandez (ESP), Aitor Galdos (ESP), Markel Irizar (ESP), Josu Agirre (ESP), Andoni Lafuente (ESP), Pablo Urtasun (ESP).

Landbouwkrediet: Filip Meirhaeghe (BEL), Koen Barbé (BEL), Bert Scheirlinckx (BEL), Kevni Neyrinck (BEL), David Boucher (FRA), Denis Flahaut (FRA), Martial Ricci Poggi (FRA), Mathieu Drouilly (FRA)

Topsport: Stijn Neirynck (BEL), Stijn Joseph (BEL), Kristof Goddaert (BEL), Klaas Lodewyck (BEL), Maarten Neyens (BEL), Pieter Vanspeybrouck (BELO), Bart Vanheule (BEL), Geert Steurs (BEL)

L'enfer pour Pâques

Samedi 11 avril 2009 - 21:52

Le peloton va en enfer, dimanche, jour de Pâques et de Paris-Roubaix, la classique cycliste qui propose fièrement ses pavés aux aventuriers du cyclisme, les Belges Tom Boonen et Stijn Devolder en tête.

Mythe né du récit d'un journaliste constatant les dévastations de la Grande Guerre, voici près d'un siècle, l'Enfer du Nord l'est resté, un jour par an, sur les 27 secteurs pavés. C'est aussi pour cette raison qu'il continue d'exercer une incomparable fascination, objet de tous les désirs pour les coureurs des classiques des pavés.

A l'arrivée, sous les douches du vélodrome, c'est à chaque fois la même litanie. Les chutes, les crevaisons, le lot immuable des coureurs crottés, figés dans leur masque, selon la météo, de poussière ou de boue. Pendant que le vainqueur, sur la pelouse, soulève le lourd pavé qui lui est réservé.

A 28 ans, Boonen en possède déjà deux dans sa collection. Un troisième en ferait l'égal de Johan Museeuw, son aîné retraité de l'équipe Quick Step. Tant cette formation a souvent dominé la "Pascale", dont elle a déjà occupé les trois marches du podium. Mais sa mainmise s'est allégée récemment. Elle doit au seul Boonen d'avoir gagné deux des six dernières éditions.

La force de Devolder

En sera-t-il de même sur les 259 kilomètres qui mènent de Compiègne à Roubaix ? A voir sa démonstration dimanche dernier dans le Tour des Flandres, la formation de Patrick Lefevere dispose des meilleurs atouts.

Boonen d'abord. L'Anversois, neutralisé par l'Italien Filippo Pozzato dans le "Ronde", dit avoir éprouvé encore de meilleures sensations trois jours plus tard dans Gand-Wevelgem ("Je me sentais très bien", a-t-il dit). Devolder ensuite. A se demander même si le vainqueur des Flandres -7e à Roubaix l'an passé- n'est pas la première chance de sa formation, au vu de sa force actuelle.

Le souvenir de la 106e édition, l'année passée, conforte cette hypothèse. A l'avant, Devolder avait coupé son effort après Mons-en-Pévèle pour ne pas emmener avec lui l'Australien Stuart O'Grady (le vainqueur sortant), présumé plus rapide. Boonen était passé à l'attaque peu après.

Cette fois, ni O'Grady (forfait) ni son coéquipier, le Suisse Fabian Cancellara (méforme), ne menacent la Quick Step. Pas plus que le champion du monde, l'Italien Alessandro Ballan (3e en 2008), blessé et présent à Compiègne en tenue de ville.

Le danger rôde partout

C'est Juan Antonio Flecha, un homme taillé pour devenir le premier Espagnol à figurer au palmarès, qui mène avec Pozzato l'opposition au trident Quick Step. Car, le troisième leader de la formation belge, Sylvain Chavanel, est finalement présent. A sa demande. Autant dire que le Français, qui n'a plus couru Paris-Roubaix depuis huit ans, est déterminé.

Pour son équipe, le danger rôde partout. A l'entrée de la trouée d'Arenberg, haut-lieu de mémoire. Ailleurs, sur les 52,9 kilomètres des secteurs pavés qui défient le temps par leur caractère et leurs noms poétiques (chemin des Prières, chemin des Abattoirs, carrefour de l'Arbre). Au moment décisif, une crevaison a tôt fait de modifier l'équilibre des forces.

Les adversaires de Boonen et des siens tablent sur les aléas de la course. Jeunes (Burghardt, Maaskant, Haussler, Van Avermaet) ou expérimentés (Hincapie, Hoste, Guesdon), tous savent que la "reine des classiques" se montre parfois capricieuse, qu'elle peut se donner à un simple outsideur. Pourquoi pas à un rescapé de l'échappée matinale que vise une bonne partie du peloton ?

En son temps, Laurent Fignon lui avait lancé un cri d'amour toujours d'actualité: "C'est la course des extrêmes et c'est pour cela que je l'aime."

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