Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative et Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative ont appris avec consternation la décision de l’Union cycliste internationale (UCI) de suspendre la Fédération Française de Cyclisme (FFC) jusqu’au 31 décembre 2008. «Cette décision est avant tout regrettable dans son principe. La FFC s’est bornée à appliquer le droit français qui impose d’autoriser des organisateurs privés à promouvoir des épreuves sur notre sol dès lors que des garanties, de sécurité notamment, suffisantes sont assurées. En se cantonnant à ce rôle, elle a d’ailleurs été la seule à défendre les intérêts des coureurs, trop souvent négligés dans ce conflit. Elle ne doit pas être sanctionnée pour cela», déclarent le Secrétaire d’Etat et la Ministre. «Sans préjuger des suites données à cette affaire, des certitudes s’imposent d’ores et déjà : La France reste un grand pays de cyclisme et des épreuves de qualité ouvertes à tous continueront d’y être organisées, en particulier le Tour de France, Paris-Nice, Paris-Roubaix, le Dauphiné Libéré… Le soutien du gouvernement français à la Fédération Française de Cyclisme est total en ces heures difficiles. La sanction prononcée par l’UCI ne résoudra en rien la crise traversée actuellement par le cyclisme international. Seuls le dialogue et la concertation y parviendront.»
La Fédération française de cyclisme (FFC) a été suspendue le 12 juin, jusqu’à la fin de l’année 2008, par l’Union cycliste internationale (UCI). L’UCI reproche à la FFC d’avoir donné son autorisation pour la tenue de Paris-Nice (en mars dernier) et du Tour de France (le mois prochain). Ces deux épreuves sont en effet organisées par ASO qui est en conflit avec l’instance internationale au sujet du ProTour. La FFC dénonce une «escalade dans l’intimidation». L’UCI perd patience... le ton monte ! Retour sur une semaine agitée dans le monde de la «petite reine».
L’UCI accuse la FFC «d’avoir manqué de loyauté vis-à-vis de l’UCI et de tous ses membres et enfreint ses statuts et règlements en soutenant activement et ouvertement l’organisation, en dehors du cadre de l’UCI, de la dernière édition de Paris-Nice». Quels sont les effets d’une telle suspension ? La sanction de l’UCI, assortie d’une amende, n’entraîne pas de conséquences pour les coureurs français, ni pour les prochaines courses, ni pour les JO ou les Championnats du monde. En revanche, la mesure de suspension s’applique aux représentants français présents dans les instances de l’UCI. La Fédération française de cyclisme ne pourra pas non plus postuler à l’organisation de compétitions telles que des Championnats du monde, a précisé Jean Pitallier, le président de la fédération. Le Président de l’UCI, Pat McQuaid (absent lors du vote), a qualifié la sanction de «décision forte, qui montre que l’UCI ne tolère pas que l’un de ses membres bafoue le règlement international du cyclisme». Ce dernier s’est néanmoins félicité que «pour le bien du sport», «les sanctions ne touchent ni les coureurs français ni les épreuves de ce pays».
La FFC dénonce «une nouvelle escalade dans l’intimidation et la menace»
Dans un communiqué, la Fédération française de cyclisme (FFC) qui prend acte de cette décision avec «consternation», dénonce «une nouvelle escalade dans l’intimidation et la menace pour imposer le silence à tous ceux qui n’approuvent pas sans réserve» la réorganisation du cyclisme souhaitée par l’UCI. Dans sa réaction, la FFC ajoute que «cette sanction ne changera strictement rien à la grave crise que traverse actuellement le cyclisme international. L’UCI, poursuit le communiqué, ne pourra se cacher longtemps derrière elle pour fuir ses propres responsabilités dans l’existence même de ce conflit». La FFC en appelle pour conclure «à toutes les autorités publiques ou privées, sportives ou non, pour faire en sorte que ne s’ajoutent pas d’autres journées noires pour le cyclisme en général et pour sa fédération internationale en particulier».
Une réaction qui agace l’UCI
L’Union cycliste internationale (UCI) a encore durci le ton vis-à-vis de la fédération française de cyclisme (FFC). Dans un communiqué publié à l’issue de son comité directeur, la fédération internationale a qualifié de «mensonges» la réaction de la FFC diffusée par communiqué de presse le 12 juin après l’annonce de sa suspension. «Tous les acteurs de la famille cycliste peuvent s’exprimer mais cela ne leur donne pas le droit de violer les règlements de l’UCI», a déclaré la fédération internationale qui «a tenu à mettre la FFC en garde». La sanction «pourrait être aggravée si la FFC persistait à enfreindre les statuts et règlements de l’UCI, notamment en apportant à ASO son soutien pour l’organisation, hors du cadre de l’UCI, du prochain Tour de France, comme elle l’avait fait pour l’édition 2008 de Paris-Nice», a menacé l’UCI.



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