L'affaire Semenya rebondit
Dimanche 20 septembre 2009 - 18:40
Les dirigeants de l'athlétisme sud-africain ont admis samedi que Caster Semenya, au coeur d'une polémique sur son identité sexuelle, avait subi en août des tests avant les Championnats du monde de Berlin, dont les résultats ne sont pas encore connus. Dimanche, le ministre des Sports sud-africain a demandé la démission du président de la Fédération nationale d'athlétisme, qu'il juge responsable du mauvais traitement infligé à Caster Semenya.
Les dirigeants de l'athlétisme sud-africain ont admis samedi que Caster Semenya, au coeur d'une polémique sur son identité sexuelle, avait subi en août des tests avant les Championnats du monde de Berlin, dont les résultats ne sont pas encore connus.
"Les tests ont été effectués le 7 août sur la recommandation du médecin de la Fédération, nous ne connaissons pas encore les résultats", a dit le président de la Fédération sud-africain, Leonard Chuene, au cours d'une conférence de presse.
M. Chuene avait assuré dans un premier temps qu'aucun test n'avait été pratiqué sur la jeune athlète de 18 ans, qui a suscité la controverse en remportant la médaille d'or aux Championnats du monde sur 800 m.
Le 19 août, la Fédération internationale (IAAF) avait annoncé, juste avant la finale de la course, dominée de bout en bout par Caster Semenya, qu'elle diligentait une enquête sur l'identité sexuelle de la jeune Sud-Africaine.
"Si nous n'avions pas permis à cette jeune femme de courir, nous l'aurions privée d'une médaille et nous aurions suggéré qu'elle n'était pas normale", a ajouté M. Chuene.
Le dirigeant a précisé qu'il ne pouvait pas retirer Semenya des Championnats du monde sans aucune preuve médicale. "Personne ne connaît les résultats (de ces examens). Nous avons lu dans les médias qu'elle est un hermaphrodite", a-t-il dit, soulignant que la fédération sud-africaine avait agi au mieux dans l'intérêt de son athlète. Des journaux australiens avaient affirmé, citant une source anonyme impliquée dans des tests de l'IAAF, que Caster Semenya était "un hermaphrodite".
Cet article et ces fuites avaient révolté l'opinion publique sud-africaine et le gouvernement en avait appelé à l'ONU afin qu'elle enquête sur la violation des droits de l'athlète dont a, selon lui, été victime Semenya par l'IAAF.
L'instance prendra une décision en novembre.
LE MINISTRE DES SPORTS DEMANDE LA TETE DU PRESIDENT DE LA FEDERATION
Le ministre des Sports sud-africain Gert Oosthuizen a exhorté samedi soir sa Fédération d'athlétisme à remercier son président Leonard Chuene, qu'il qualifie "de menteur" et juge responsable du mauvais traitement infligé à Caster Semenya, au coeur d'une polémique sur son identité sexuelle.
"Nous demandons à la Fédération sud-africaine d'athlétisme (ASA), non pas de prendre des mesures disciplinaires à l'encontre de M. Chuene, mais de le destituer de la présidence", indique le communiqué du ministère. Si l'ASA ne prend pas la mesure qui s'impose, "elle courra le risque d'être dirigée par un menteur", est-il ajouté.
M. Chuene avait révélé plus tôt samedi, au cours d'une conférence de presse, que des tests de féminité avaient bien "été effectués le 7 août sur la recommandation du médecin de la Fédération" sur Caster Semenya, qui a suscité la controverse en remportant avec une énorme avance le 800 m des Mondiaux-2009 à Berlin en août.
Initialement, le président de l'ASA avait assuré qu'aucun test n'avait été pratiqué sur la jeune athlète de 18 ans.
"Nous ne connaissons pas encore les résultats" des tests, avait ensuite précisé M. Chuene. De fait, il avait expliqué qu'il ne pouvait alors pas retirer Semenya des Mondiaux sans aucune preuve médicale.
"Nous sommes convaincus que le fait d'avoir caché l'existence de ces tests n'a cessé de contribuer à la violation des droits de mademoiselle Semenya et de sa dignité, que ce soit par le biais des médias locaux ou étrangers", a justifié M. Oosthuizen, qui estime que M. Chuene avait en deux occasions omis de communiquer pour expliquer le cas Semenya: avant et pendant les Mondiaux.
Le 19 août, la Fédération internationale (IAAF) avait annoncé, juste avant la finale de la course, qu'elle diligentait une enquête sur l'identité sexuelle de la Sud-Africaine.
Des journaux australiens ont depuis affirmé, citant une source anonyme impliquée dans des tests de l'IAAF, que Semenya était "un hermaphrodite".
Cet article et ces fuites avaient révolté l'opinion publique sud-africaine et le gouvernement en avait appelé à l'ONU afin qu'elle enquête sur la violation des droits de l'athlète dont a, selon lui, été victime Semenya par l'IAAF.
